Hénin-Beaumont: Qui est Sophie Fessard, qui se prétend victime de l'attentat de Nice ?

ZONE D'OMBRE La présence de cette femme, originaire de Rouen, au conseil municipal d’Hénin-Beaumont fait du bruit…

Manon Aublanc

— 

Des fleurs ont été déposées sur la promenade des Anglais en hommage aux victimes de l'attentat de Nice, le 14 juillet 2016.
Des fleurs ont été déposées sur la promenade des Anglais en hommage aux victimes de l'attentat de Nice, le 14 juillet 2016. — Valery HACHE / AFP

Sophie Fessard, victime prétendue de l’attentat de Nice en juillet dernier, était présente au conseil municipal d’ Hénin-Beaumont vendredi dernier. Sa venue a soulevé quelques questions, a relaté la Voix du Nord. Explications.

Introduite par l’adjoint et député FN Bruno Bilde, Sophie Fessard s’est présentée aux élus et au public présent lors du conseil de la ville : « Je suis une rescapée de l’attentat de Nice. J’ai perdu ma famille, mes amis. Avant j’étais normale, aujourd’hui je suis paralysée des membres inférieurs. »

Elle se serait déjà présentée comme victime du Bataclan 

Mais pourquoi était-elle présente alors que le débat portait sur l’armement des policiers municipaux ? Et la « victime » avait un avis sur le sujet : « Si les policiers municipaux avaient été armés à Nice, le terroriste ne m’aurait pas roulé dessus. C’est indigne et irrespectueux pour nous, les victimes, de demander le désarmement », a-t-elle lancé à l’opposition. Le ton monte entre les élus FN et l’opposition qui crie à l’instrumentalisation.

Mais sa venue et son identité restent un mystère pour certains. « Elle s’était déjà présentée en victime de l’attaque du Bataclan. Encore auparavant, elle se disait handicapée à cause de mauvais soins. Elle se présentait déjà en fauteuil roulant avant les attentats de Paris et de Nice. J’ai en ma possession des documents médicaux qu’elle a clairement falsifiés », a expliqué une source anonyme de Rouen à La Voix du Nord.

Connue sous trois noms différents 

Et des informations sur cette femme, il est facile d’en trouver. Cette dernière a publié un livre en 2014, où elle explique être une enfant de la DDASS et « avoir été privée de la chaleur d’une famille ». Sauf qu’à Hénin-Beaumont, l’intéressée a dit avoir perdu sa famille et ses amis dans l’attentat de Nice. Le quotidien régional explique aussi que Sophie Fessard a posté et liké des commentaires sur Twitter, 24 heures après le drame de Nice, alors qu’elle affirme avoir été « gravement blessée » dans l’attaque du 14-Juillet.

Contactée par nos confrères, la police judiciaire de Rouen a affirmé que cette femme n’apparaissait pas dans le registre national des victimes. Selon les autorités, Sophie Fessard, qui utiliserait également les noms de famille de Lescamure et Martin, serait impliquée dans une affaire de diffamation et d’atteinte à la vie privée.