Lille: Le projet du quartier Saint-Sauveur remis en cause par deux députés lillois

URBANISME Deux députés de La France insoumise se rallient aux mécontents pour demander à la mairie de Lille de prolonger la phase de concertation concernant un projet d’urbanisme…

Gilles Durand

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Lille, le 28 mai 2017 - Sur la friche de Saint Sauveur, 24 hectares en coeur de ville
Lille, le 28 mai 2017 - Sur la friche de Saint Sauveur, 24 hectares en coeur de ville — Olivier Aballain / 20 Minutes
  • La ville de Lille veut aménager les 23 ha de friche de l’ancienne gare Saint-Sauveur pour en faire un quartier.
  • Deux députés lillois de La France insoumise réclame la prolongation de la phase de concertation.
  • Ils souhaiteraient que la moitié des terrains soit réservée aux espaces verts.

Le futur quartier Saint-Sauveur de Lille voit débarquer de nouveaux opposants. Cette fois, il s’agit des deux nouveaux députés lillois, Adrien Quatennens et Ugo Bernalicis, de La France insoumise. Alors que la phase de concertation autour de ce projet s’est terminée, vendredi, les deux élus ont demandé une prolongation, afin de « réorienter la méthode et le contenu ».

Un quartier sur 23 ha

Depuis 2013, la ville de Lille prépare la reconversion de cette ancienne gare de marchandise pour en faire un quartier d’environ 6.000 logements et des bureaux sur les 23 ha de friche. Ce projet était déjà combattu par un collectif qui avait lancé une pétition pour faire de cet espace un grand parc.

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Adrien Quatennens et Ugo Bernalicis s’en mêlent, à leur tour. « C’est toute la démarche d’aménagement qu’il convient de réinterroger », glissent-ils dans un communiqué commun. Les deux députés contestent notamment le fait que « les surfaces de bureaux correspondent à des besoins réels alors que les surfaces existantes peinent à être commercialisées ». Ils demandent que l’on, « consacre au moins la moitié de la surface de Saint-Sauveur à des espaces verts ».

Démocratie participative

Dans La Voix du Nord, Stanislas Dendievel, conseiller municipal (PS) chargé de l’urbanisme, estime au contraire que « la démocratie participative n’a jamais été aussi poussée ». « L’enjeu, rappelle-t-il au quotidien régional, c’est d’accueillir les 16.000 ménages en attente d’un logement social à Lille, et d’éviter l’étalement urbain ».

Un argument que réfute l’architecte Antoine Kubiak, partisan d’un parc urbain à Saint-Sauveur : « Si on veut faire des logements, pourquoi ne pas commencer par transformer les m2 de bureaux inoccupés ? »

En 2011, environ 6.000 logements étaient vacants sur les 134.000 que comptait la ville de Lille, soit moins de 5 %, avouait la mairie. Dans la Métropole de Lille, Damien Castelain annonçait même 40.000 logements inhabités, en janvier 2017. « C’est une manne que la collectivité territoriale s’efforce de mobiliser dans les années à venir », soulignait le président (DVD) de la Métropole de Lille.