Démographie: Pourquoi les Hauts-de-France ne seront plus la 3e région de France en 2050

STATISTIQUES Le scénario, dévoilé par l’Insee, montre que la population des Hauts-de-France risque d’augmenter moins qu’ailleurs en France, d’ici à 2050…

Gilles Durand

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Evolution de la population par département (en milliers d'habitants)
Evolution de la population par département (en milliers d'habitants) — Infogr.am
  • La région des Hauts-de-France perd une bonne partie de sa population à cause des départs
  • Le nombre de naissances va rester supérieur à celui des décès en 2050
  • L’aide à la personne va devenir un secteur d’activité florissant

Combien serons-nous en l’an 2050 ? A partir des données actuelles, l’Insee s’est projeté dans l’avenir et a imaginé le profil démographique de la région. Ce scénario prévoit que la région Hauts-de-France va passer de 6 à 6,2 millions d’habitants. Cette faible augmentation ferait ainsi perdre à la région sa 3e place (derrière l’Ile-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes). En 2050, la région se retrouverait 5e, dépassée par l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine. Explications et conséquences.

Un solde migratoire négatif. Le nombre de départs est plus important que celui des arrivées. Cette vague migratoire fait perdre chaque année 10.000 personnes à la région. Un phénomène qui perdure depuis plusieurs décennies. « Beaucoup de jeunes viennent pour leurs études mais ne restent pas à l’issue, faute d’emploi », résume l’Insee. Les migrants étrangers ne font que passer et ne s’installent plus. « Si le contexte économique change, les vagues de migration vont peut-être finir par rester et inverser la tendance », précise l’Insee.

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Une population qui va vieillir. Contrairement à beaucoup d’autres régions, le nombre des naissances devrait encore être supérieur à celui des décès, mais ce constat n’empêche pas le vieillissement de la population. « En 2050, les plus de 65 ans seront 1,6 million alors qu’ils sont moins d’un million actuellement. Et le nombre de centenaires va passer de 1.800 à 12.000 », annonce l’Insee. Ce scénario valide l’hypothèse d’une augmentation très forte, dans les années à venir, d’emplois locaux dans le service à la personne. « Il y a une vraie opportunité à saisir pour les pouvoirs publics », note l’Insee.

Des disparités départementales. Si la jeunesse de la population doit permettre au Nord, au Pas-de-Calais, à la Somme et à l’Oise de voir sa population accroître, les prévisions sont différentes concernant l’Aisne. Ce département devrait perdre environ 21.000 habitants d’ici à 2050, à cause d’un manque de naissance. Par ailleurs, la Somme pourrait être le seul département à bénéficier d’une dynamique migratoire favorable, due notamment à l’installation assez importante de jeunes retraités.