Lille: Un labo unique en France pour lutter contre le diabète

SANTÉ L'Institut européen de génomique du diabète (Egid), un outil de pointe contre cette maladie, est installé à Lille...

Mikaël Libert

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Le bâtiment de l'Egid, au CHRU de Lille.
Le bâtiment de l'Egid, au CHRU de Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • Toute la recherche lilloise sur le diabète est concentrée au même endroit
  • Les Hauts-de-France sont une des régions les plus touchées par cette maladie
  • Un chantier à 20 millions, un budget à 63

Unique en France. L’Institut européen de génomique du diabète (Egid) a été inauguré, mercredi. Le bâtiment flambant neuf, érigé dans l’enceinte du CHRU de Lille, rassemble trois grands noms de la recherche sur cette maladie, les professeurs Philippe Froguel, Bart Staels et François Pattou. Le diabète n’a qu’à bien se tenir.

Dans les faits, l’Egid existe depuis 2009. Sa mission : « Identifier les facteurs de risque du diabète et de mieux comprendre les mécanismes d’apparition de ses complications ainsi que de prévenir la survenue de cette maladie ». Néanmoins, les équipes des trois chercheurs fondateurs du projet étaient éclatées entre l’institut Pasteur et le CHRU. Désormais, les laboratoires sont rassemblés dans un bâtiment ultramoderne, doté d’équipements de pointe.

«Une nécessité et une évidence»

« C’était une nécessité et une évidence, reconnaît Philippe Froguel. Nous sommes dans une région très concernée par le diabète où nous avons de longues files d’attente dans les services ». L’homme de science déplore que le diabétique ait une espérance de vie réduite de six ans en France et que sa « mauvaise qualité de vie » soit au moins aussi élevée que le coût de la prise en charge. « Avec Egid, nous voulons inverser cette tendance. Changer la façon dont les diabétiques sont suivis et ainsi baisser les dépenses de santé », poursuit le professeur.

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Pour cela, Egid a les moyens de ses ambitions. Outre les labos des stars du lieu, il y a un pré-incubateur destiné à héberger des start-up innovantes dans le domaine des biotechnologies. « Nous voulons faire de Lille la métropole française de la recherche », promet Philippe Froguel.

Formation, valorisation

Un autre point fort : l’enseignement. Egid possède un « volet formation » dont la finalité est d’assurer « la transmission des connaissances actuelles de haut niveau sur le thème du diabète ». Le programme comporte un parcours de Master, une école thématique internationale et des stages de formation « à la recherche par la recherche ».

Dans ce bâtiment de plus de 20 millions d’euros doté d’un budget de 63 millions, les trouvailles ont une valeur. Le pôle « valorisation » va travailler au « transfert des connaissances vers les applications industrielles ». Les ressources qui en découleront serviront à financer de nouvelles recherches.