Migrants: Le tribunal administratif refuse la création d'un centre d'accueil à Calais

MIGRANTS Le tribunal administratif de Lille a refusé la création d'un centre d'accueil d'urgence...

20 Minutes avec AFP

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Les décombres dans la jungle de Calais, évacuée en novembre 2016.
Les décombres dans la jungle de Calais, évacuée en novembre 2016. — Andrew Parsons/Shutters/SIPA

Le ministre de l’Intérieur avait prévenu : « si nous créons un centre sur place, il sera rapidement débordé et nous ne pourrons pas faire face à cette situation ». Ce lundi, le tribunal administratif de Lille est allé, partiellement, dans son sens. La justice a refusé la création à Calais (Pas-de-Calais) d’ un centre d’accueil d’urgence pour les migrants, mais a en revanche ordonné la mise en place de mesures pour leur venir en aide.

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Avec cette décision, il donne en partie raison aux onze associations qui avaient saisi par référé le juge administratif de Lille mercredi dernier pour demander l’arrêt des « entraves » à la distribution de nourriture aux quelque 400 à 600 réfugiés qui errent dans le Calaisis.

Selon l’ordonnance du juge, qu’a pu se procurer l’AFP, la création d’un point fixe dans le Calaisis permettant d’accueillir des migrants - une mesure demandée de longue date par les bénévoles - ne constitue pas « la seule solution pour prendre en charge efficacement et dignement les personnes concernées ».

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Il propose plutôt de rediriger les personnes en exil vers le droit commun, notamment à travers « le dispositif national d’asile, ailleurs sur le territoire français ». Il précise également qu’une telle décision, qui ne « peut être prise utilement à très bref délai », n’est pas dans les pouvoirs du juge des référés qui, par définition, statue en urgence.

Plusieurs mesures à exécuter sous 10 jours

« En tout état de cause, il n’est pas possible de laisser sans aide aucune des personnes en état de dénuement total, à défaut de pouvoir les faire entrer dans les dispositifs d’aide auxquels ils peuvent légalement prétendre, en espérant qu’elles finissent par se lasser et par partir d’elles-mêmes ailleurs », poursuit le juge.

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Pour y remédier, il ordonne que soient exécutées sous 10 jours différentes mesures comme la « création (…) de plusieurs points d’eau et de sanitaires » et un « renforcement du dispositif d’accès à des douches, réservé jusqu’à présent aux personnes malades et en particulier à celles atteintes de la gale » avec l’obligation « de laisser les associations continuer à distribuer des repas dans les conditions déjà fixées par le juge des référés (ordonnance du 22 mars 2017) ».