Lille: Pourquoi les commerces ont encore de l'avenir (et comment les aider)

ÉCONOMIE La ville de Lille et la fédération du commerce ont planché sur un plan d’accompagnement du petit commerce…

Olivier Aballain

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La rue Lepelletier à Lille
La rue Lepelletier à Lille — O. Aballain / 20 Minutes
  • Le plan « Up commerce » doit donner une nouvelle vigueur aux boutiques du centre-ville
  • Un service de navette-taxi à 6 euros la soirée, parking compris, sera lancé début juillet

Un petit coup de starter pour les commerces du centre-ville. Avec leur plan « Up commerce », la ville de Lille, la fédération lilloise du commerce et l’union des métiers de l’hôtellerie (Umih) espèrent donner une nouvelle vigueur aux boutiques du centre-ville.

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L’initiative paraît répondre, sans le dire, aux inquiétudes formulées par certains commerçants rassemblés depuis quelques mois au sein de l’union du Cœur du Vieux-Lille.

Accessibilité en bonne voie. « En fait, je constate que c’est plutôt plus fluide qu’avant ». Pascal Debliqui gère la boutique hi-fi haut de gamme Bang & Olufsen, rue Esquermoise. Et son ressenti contredit les critiques virulentes entendues sur l’effet du nouveau plan de circulation, mis en place en septembre 2016. Il est rejoint par la nouvelle présidente de l’union commerciale de la rue de la Clef. Sandy Blancke, qui gère la boutique d’habillement DDP depuis 3 ans, estime qu’après « une période de moins-bien, jusqu’à décembre, les gens sont revenus ».

Le président de l’union de la rue de Gand (Hourra Gand) veut aller plus loin en allant « chercher les clients qui ne venaient plus ». Cicerone, un service de navette-taxi à 6 euros la soirée, parking compris, sera lancé début juillet. De son côté, la ville promet de développer les places « Shop & Go » lancée à Wazemmes et dans le centre, qui permettent de se garer 30 minutes gratuitement pour venir chercher un article encombrant.

Le dialogue a une marge de progression. « Ce qui manque, estime Hélène Natier, présidente de l’union commerciale Cœur du Vieux-Lille, c’est une véritable écoute des difficultés des commerçants. Effectivement on a tous senti que la fréquentation augmentait en mars, et boum les travaux de la rue Basse nous sont tombés dessus en avril. » Martine Aubry, et son adjoint en charge de la voie publique, Jacques Richir, précisent pourtant que les travaux ont été calés  dès le mois de juillet 2016 avec les commerçants de la rue. La ville et la fédération lilloise du commerce se félicitent par ailleurs des projets évoqués lors du « séminaire » organisé en commun le 15 juin.

« Nulle part, dans aucune ville de la région à part Lille et Calais, je n’ai vu le maire passer une journée avec les commerçants », certifie Gérard de Poorter, président de l’Umih Nord. La ville promet, en particulier, de demander à la métropole une simplification des procédures d’indemnisation en cas de travaux prolongés.

L’urbanisme à la rescousse. La ville veut améliorer la qualité des espaces publics. La charte des terrasses, « dont chacun a pu voir l’effet positif » estime Martine Aubry, va être élargie à de nouveaux secteurs.

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Cette charte impose aux restaurateurs une uniformité de style et de matériel, pour améliorer l’aspect d’ensemble. De son côté, la ville a déjà prévu d’investir dans la « mise en lumière » des places et bâtiments du centre-ville, notamment place de la République en 2018 et place du théâtre en 2019.

Le numérique, un virage à prendre. La ville promet de lancer, sur ses fonds et dès septembre, un portail Internet du commerce lillois. L’objectif de ce « marketplace » sera de « stimuler l’envie des Lillois d’acheter dans nos commerces » en offrant la possibilité de préparer les commandes ou de faire des ventes croisées entre commerçants du même secteur. Une formation sera également proposée aux commerçants qui le souhaitent. « Ce volet s’adresse bien sûr d’abord aux commerçants indépendants. »