VIDEO. Nord: Une usine de 500 salariés menacée de fermeture près de Dunkerque

SOCIAL Les salariés de l’usine Tim, en redressement judiciaire depuis le début d’année, se sont mis en grève et promettent des actions coup de poing pour tenter de sauver leur emploi…

Gilles Durand

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L'usine Tim, à Quaëdypre.
L'usine Tim, à Quaëdypre. — Google Maps
  • L’usine Tim de Quaëdypre, près de Dunkerque, est placée en redressement judiciaire depuis le début d’année
  • Les salariés sont en grève reconductible depuis mardi
  • La société Tim a assigné en justice son principal client, Caterpillar, et réclame 130 millions d’euros

Une opération escargot pour se faire entendre. Mercredi matin, des salariés de l’usine Tim de Quaëdypre, près de Dunkerque, ont manifesté leur colère en ralentissant la circulation sur l’A25 entre Lille et Dunkerque. Leur usine – qui emploie près de 500 personnes – est menacée de fermeture. L’intersyndicale promet d’autres actions coup de poing. Comment en est-on arrivé là ?

Un chiffre d’affaires en chute libre. Tim produit des cabines pour les fabricants d’engins de chantier comme Caterpillar ou Manitou. « En 2012, année faste, le chiffre d’affaires [CA] s’élevait à 176 millions d’euros. En 2015, il est descendu en dessous de 100 millions pour atteindre 45 millions l’année suivante », explique à La Voix du Nord, un délégué FO, syndicat majoritaire dans l’usine. Selon l’intersyndicale, cette baisse du CA est le résultat d’une politique d’investissement absente depuis de nombreuses années.

Un plan social, suivi d’un redressement judiciaire. En 2016, Tim procède à un plan social (PSE) qui se conclut par le licenciement de 123 des 616 salariés. « Lors de ce PSE, on a jeté les gens comme des chiens. C’est la Région qui a été obligée de prendre en charge la formation des licenciés », dénonce un délégué FO. Quelques mois plus tard, en janvier 2017, la société est placée en redressement judiciaire. Les repreneurs éventuels avaient jusqu’au 15 juin pour se faire connaître. Aucune offre officielle n’a été déposée à ce jour. La décision du tribunal de commerce doit être rendue le 12 juillet.

L’espoir Caterpillar ? Coup de théâtre, ce même 15 juin : la société Tim, filiale du groupe allemand Frizmeier, décide d’assigner en justice Caterpillar, son principal client (65 % du CA, selon Tim). La société de métallurgie lui réclame 130 millions, considérant avoir le statut d’« atelier déporté » du géant américain, et espère « obtenir une contribution financière suffisante pour redresser l’entreprise ». La situation est entre les mains d’un médiateur de la République.

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Une grève reconductible. Depuis mardi, certains salariés de l’usine sont en grève reconductible. « On souhaite des garanties pour l’avenir. Il est urgent que les pouvoirs publics réagissent », souligne l’intersyndical. Près de 500 salariés sont concernés par cette affaire, « sans compter les sous-traitants », précise Christophe Fournier, délégué FO. En avril, la direction avait déjà annoncé une réduction d’effectif de moitié. L’intersyndical soupçonne aussi le patron de manœuvrer pour pouvoir, en fin de compte, délocaliser la production dans les pays de l’est. Contactée par 20 Minutes, la direction de Tim n’a pas donné suite à notre demande d’interview.