Législatives: «Nous n'avons pas réclamé le soutien du FN», constate le candidat lillois de la France Insoumise

ELECTIONS La consigne de vote d’un candidat FN pour celui de La France insoumise passe mal…

Gilles Durand

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Adrien Quatennens, candidat deLa France insoumise, Agnès Pinson, suppléante.
Adrien Quatennens, candidat deLa France insoumise, Agnès Pinson, suppléante. — G. Durand / 20 Minutes
  • Le candidat FN appelle à voter pour celui de la France insoumise à Lille.
  • Le candidat (FI) de Lille réitère la consigne «Pas une voix pour le FN»

Cela s’appelle un ralliement encombrant. Eric Dillies, candidat (FN) éliminé au premier tour des législatives dans la 1re circonscription du Nord, a appelé, dimanche soir, à voter pour le candidat de La France insoumise, (FI), Adrien Quatennens. Ce dernier sera opposé, au 2nd tour, à Christophe Itier, investi par La République en marche (LREM).

« Il défendra le peuple »

« J’ai rencontré Adrien Quatennens, c’est quelqu’un de bien. Face à une majorité pléthorique, il défendra le peuple, il s’opposera, il ne sera pas un béni-oui-oui », assure Eric Dillies, éliminé avec 10,9 % des voix. Les temps changent. Il fut une époque où Jean-Marie Le Pen, à l’époque patron du FN, supportait moins les « rouquins », comme le montre cette vidéo.

Du côté d’Adrien Quatennens, la réponse a été sans équivoque. « Nous n’avons pas réclamé ce soutien et les seules rencontres avec Eric Dillies ont eu lieu lors de débats télévisés ou sur les marchés. Pas question de tremper le croissant dans le café avec lui », explique le jeune candidat (FI) lors d’une conférence de presse, ce mardi. Il rappelle à ce propos la consigne de son mouvement : « aucune voix ne doit aller au FN ».

« Les gens s’en tamponnent »

En revanche, le candidat ne rejette pas le vote des électeurs de Marine Le Pen. « L’électorat du FN n’est pas sa propriété. Nous tentons de convaincre tout le monde et le seul bulletin pour faire battre le projet extrême finance d’Emmanuel Macron, c’est le nôtre », note-t-il.

Pour le candidat macroniste Christophe Itier, cette « clarification » arrive tard. « Au-delà du fait que ce genre de pratique des consignes de vote est obsolète, j’ai été interpellé par le manque de réactivité de mon adversaire. Si le FN avait appelé à voter pour moi, j’aurais réagi dans l’heure qui suit », affirme-t-il.

Christophe Itier bénéficiera, pour sa part, du soutien personnel de Nicolas Lebas, candidat (LR-UDI). « Je l’en remercie et je félicite ses équipes. On a fait du bon travail », glisse-t-il. Nicolas Lebas, en revanche, ne donne aucune consigne de vote, estimant que « les gens s’en tamponnent ». « S’ils étaient à ce point attentifs à ce que je dis, ils auraient voté pour moi », ironise-t-il dans la Voix du Nord.