Ligue 2: Quand le RC Lens passe pour un mauvais perdant

FOOTBALL Le club artésien a décidé de contester la montée en Ligue 1 d'Amiens. Au risque d'écorner sa bonne image...

Francois Launay

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Lens, le 5 fŽvrier 2011. Match comptant pour la 22me journŽe du championnat de ligue 1 de football opposant le RC Lens (RCL) au Valenciennes FC (VAFC) au stade FŽlix Bollaert de Lens. Ici les supporters lensois.
Lens, le 5 fŽvrier 2011. Match comptant pour la 22me journŽe du championnat de ligue 1 de football opposant le RC Lens (RCL) au Valenciennes FC (VAFC) au stade FŽlix Bollaert de Lens. Ici les supporters lensois. — M.LIBERT/20 MINUTES

Si le RC Lens est dans son bon droit, son image en a pris un coup. Lundi, le club artésien, quatrième de Ligue 2, a décidé d’attaquer en justice la montée en Ligue 1 du club d’Amiens.

Bouté hors du podium de Ligue 2 à la dernière seconde de la dernière journée, les Sang et Or ne semblent pas avoir digéré ce scénario dingue et s’accrochent à tous les recours pour une hypothétique montée.

Un problème administratif du côté d’Amiens

Le club artésien reproche à son voisin picard d’avoir dans son conseil d’administration u certain John Williams, actionnaire du club à 0,12 %. Problème, l’homme en question est agent de joueur. Or, on ne peut pas exercer cette fonction et être en même temps actionnaire d’un club.

Du coup, le RC Lens mais aussi le FC Lorient, 18e de Ligue 1 et relégué, se sont engouffrés dans la brèche en entamant une procédure judiciaire pour faire invalider la montée d’Amiens. Et espérer récupérer le strapontin du club picard.

« Je défends les intérêts de mon club », se justifie Gervais Martel

« Je défends les intérêts de mon club. Ils sont dans l’illégalité. Je ne veux pas rester sur le bord de la route, j’ai fini quatrième Je ne suis pas procédurier mais il est normal de poser des questions sur quelque chose qui me semble très flou. », s’est défendu Gervais Martel, le président du Racing, dan les colonnes de L’Equipe.

Sur le fond, Amiens a peu de chances d’être privé de montée. Au pire, le club risque un retrait de points. « Le dossier est vide », a même assuré à 20 Minutes Christophe Pelissier, l’entraîneur du club picard.

Des dégâts en terme d’image

Sur la forme, par contre, la procédure fait déjà des dégâts en termes d’image. En attaquant son voisin amiénois, le RC Lens semble avoir laissé les règles du fair-play au vestiaire.

En 2014, à la différence de Lille et de Valenciennes qui avaient refusé, le club d’Amiens avait accepté de louer son stade au club lensois pendant un an (moyennant 200 000 euros), le temps de rénover Bollaert. Le RC Lens donne le sentiment d’avoir oublié ce geste.

Lens n’aurait sans doute pas dû monter en 2014

Surtout que le club est mal placé pour donner des leçons de légalité. Toujours en 2014, alors que le club venait de remonter en Ligue 1 sur le terrain, il avait failli être recalé au niveau financier. Dirigé à l’époque par Hafiz Mammadov, l’homme d’affaires azéri, Lens n’avait pas les garanties financières nécessaires pour évoluer en Ligue 1.

Malgré deux refus de la DNCG, le CNOSF avait finalement validé la montée des Sang et or. Mais Sochaux, 4e de Ligue 2 à l’époque (tiens, tiens…), avait mené l’affaire en justice. Depuis, le club doubiste a obtenu deux fois gains de cause en justice dans cette affaire auprès du tribunal administratif de Besançon puis de la cour administrative d’appel de Nancy. Le litige doit désormais être examiné par le conseil d’Etat.

Deux précédents qui n’ont pas empêché le Racing de contester la montée d’Amiens. Au risque d’écorner son image.