Quatre accidents mortels depuis mars, Roubaix ne veut pas demeurer la ville de l’insécurité routière

SÉCURITÉ ROUTIÈRE Le maire a décidé de mener une lutte sans merci contre les conducteurs d’engins motorisés qui prennent sa ville pour un circuit…

Mikael Libert

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Illustration de jeunes qui font du rodéo à moto.
Illustration de jeunes qui font du rodéo à moto. — HADJ/SIPA

« Il faut que cela cesse. » Guillaume Delbar, maire (LR) de Roubaix, en a assez de voir les rues de sa ville transformées en circuit et parfois en cimetière. Depuis le mois de mars, quatre personnes ont perdu la vie, percutées par des chauffards qui n’ont même jamais pris la peine de s’arrêter. L’élu a décidé de sortir le grand jeu, et il veut que ça se sache.

Un nombre impressionnant d’accidents

Ironie du sort, mercredi, deux jours avant la conférence de presse du maire de Roubaix, un nouvel accident est venu gonfler des statistiques déjà catastrophiques. Depuis le début de l’année 2017, les autorités ont recensé 47 accidents corporels, dont quatre mortels, sur la seule commune de Roubaix. En 2016, il y en a eu 140 et quatre personnes ont aussi perdu la vie.

« C’est incompréhensible, la succession de drames n’a pas changé les comportements, fulmine Guillaume Delbar. Mais maintenant, on ne recule plus. » Visés, les conducteurs de quads et de motocross qui font du rodéo, mais pas seulement. « Il ne faut pas stigmatiser les jeunes, ce sont les chauffards en général nos cibles », poursuit-il.

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De concert avec la police nationale, la police municipale a encore renforcé les contrôles routiers : « Certains seront annoncés sur Internet et d’autres, sur des infractions plus ciblées, ne le seront pas », explique le chef de la police municipale, Dominique Paulo, dont les équipes ont été dotées d’un nouveau radar laser pour contrôler les deux-roues jusqu’à 800 m.

Les caméras à la rescousse

Le maire mise aussi beaucoup sur les caméras. A ce jour, Roubaix affiche un maillage de 51 caméras. Un chiffre qui devrait atteindre 78 d’ici la fin de l’année et plus de 150 fin 2018. « Nous avons aussi commencé la vidéoverbalisation il y a deux semaines. Les trois premiers PV envoyés concernaient le non-port du casque », affirme le patron de la police municipale. Néanmoins, sur l’ensemble du parc de caméras, seules 20 permettent la verbalisation à distance. « Nous allons en augmenter le nombre en déterminant les endroits les plus accidentogènes », précise-t-il. Parmi ces axes noirs, il y a les avenues des Nations-Unies, Motte ou encore de Verdun.

Mais le maire a d’autres atouts dans sa manche : « Il faut changer les méthodes et marquer les esprits », martèle-t-il. Ainsi, pour cet été, l’élu a recruté un panel de sportifs connus issus des quartiers (Brahim Bouchelaghen, Daouda Sow…) en tant qu’ambassadeurs de la sécurité routière. Ceci en plus d’actions de prévention de la ville et de la police dans les établissements scolaires.

Et pour marquer les esprits, Guillaume Delbar promet une campagne de communication forte par le biais d’affiches choc. L’élu affirme aussi réfléchir à la mise en place d’opérations de destructions publiques d’engins saisis comme cela se fait déjà à New York, aux Etats-Unis.