Hauts-de-France: Vers davantage de vidéosurveillance devant les cabinets de médecin?

SECURITE Après l’agression d’un médecin à Dunkerque, la région propose un numéro d’appel spécifique pour les professionnels de santé…

Gilles Durand

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Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF France, Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France et Bertrand Legrand, secrétaire de la CSMF 59-62.
Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF France, Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France et Bertrand Legrand, secrétaire de la CSMF 59-62. — G. Durand / 20 Minutes
  • 93 agressions de personnel soignant ont été signalées dans les Hauts-de-France en 2016 auprès du conseil de l’ordre des médecins
  • Le médecin agressé à Dunkerque continue d’être harcelé
  • Si la nécessité se fait sentir, la région pourrait gérer la pose de caméras de surveillance

Les médecins libéraux lancent un SOS. La région des Hauts-de-France propose un numéro de téléphone dédié* en cas d’agression. C’est la mesure annoncée, ce jeudi, par le président (LR) de la région, Xavier Bertrand, après l’agression dont a été victime, il y a presqu’un mois et demi, le docteur Pierre Goidin, médecin à Dunkerque.

Problème d’insécurité croissants

L’affaire a mobilisé la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) qui déplore une profession « de plus en plus exposée et confrontée à des problèmes d’insécurité », par la voix de son président national, Jean-Paul Ortiz. « Voilà des années que je réclame des mesures spécifiques pour les médecins qui sont, bien souvent, le dernier lien social dans certains quartiers », précise-t-il.

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A partir du 1er juillet, les médecins pourront contacter un service de la direction de la proximité, au conseil régional « pour assurer le suivi après une plainte », explique Xavier Bertrand. Pas question pour autant de se substituer aux services de police ou de justice. « On veut faire en sorte que ces plaintes débouchent sur des actions : la sécurisation des lieux ou encore les suites administratives à donner lorsque des mineurs sont en cause », assure le président de Région.

« Le harcèlement continue »

Car dans le cas du docteur Goidin, les problèmes ne semblent pas totalement résolus. Le 25 avril, il était victime d’une fracture du tibia à la suite d’une altercation avec un trio d’adolescents âgés de 13 à 15 ans. Depuis qu’il a porté plainte et malgré une mesure d’éloignement prononcée à l’encontre des fautifs, « le harcèlement continue », raconte Bertrand Legrand, secrétaire général de la CMSF 59-62.

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L'initiative de la région sera-t-elle suffisante ? « Le temps judiciaire n’est pas le temps d’une consultation en cabinet, mais cet appui est important pour les médecins qui exercent souvent seuls et n’ont pas le temps de s’occuper des plaintes », note Bertrand Legrand.

De son côté, Xavier Bertrand promet notamment de s’occuper de la mise en place éventuelle de caméras de vidéosurveillance si nécessaire, en collaboration avec la préfecture. « J’ai découvert que la préfecture disposait d’une ligne budgétaire spécifique pour installer ces caméras si besoin, dans certaines villes quand les maires en font la demande », précise le président national de la CSMF.

L’an dernier, dans les Hauts-de-France, 93 agressions de personnel soignant ont été signalées auprès du conseil de l’ordre des médecins

* 03 74 27 00 24