Les mineurs de 1948 en procès

- ©2008 20 minutes

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Il n'est jamais trop tard pour retrouver sa fierté. Soixante ans après une grève durement réprimée à l'automne 1948 dans les mines de charbon du Nord, d'anciens salariés et leurs familles ont demandé réparation pour leur licenciement, hier, devant le tribunal des Prud'hommes de Nanterre. Les 17 requérants réclament que les licenciements soient reconnus comme discriminatoires ou abusifs, car le droit de grève était inscrit dans la Constitution.

En octobre 1948, le mouvement fut lancé pour s'opposer à la modification du statut des mineurs. Devenue rapidement massive, la grève suscita une répression d'ampleur. « Il y a eu des morts et des blessés, c'était un véritable état de siège », a raconté à l'audience Norbert Gilmez, un ancien employé administratif inscrit à la CGT, venu du Pas-de-Calais malgré ses 86 ans. « Les mineurs avaient été appelés à produire pour la renaissance de la France, on s'était retroussé les manches [...] et on nous a licenciés sans motif », a-t-il poursuivi. « Mon mari a fait trois mois de prison. Puis nous avons été expulsés de nos logements, sans travail, sans argent », s'est souvenue, émue, Simone Carbonnier, 79 ans, veuve de Georges Carbonnier, décédé en 2006.

L'affaire a été renvoyée au 19 novembre 2008, l'au-dience de conciliation à huis clos n'ayant pas permis de déboucher sur un accord entre les 17 requérants et les établissements publics saisis.