Nord : L’assurance maladie lutte contre le renoncement aux soins

SANTÉ Un dispositif est mis en place pour accompagner les assurés qui ont baissé les bras…

Mikael Libert

— 

Les CPAM du Nord luttent contre le renoncement aux soins (illustration).
Les CPAM du Nord luttent contre le renoncement aux soins (illustration). — M.Libert/ 20 Minutes
  • Un quart des assurés concernés par le renoncement aux soins
  • Un phénomène qui coûte cher à l’assurance maladie
  • L’optique et les soins dentaires cités en premier par les assurés

Les disparus de la santé. Les Caisses primaires d’assurance maladie (CPAM) du Nord vont toutes mettre progressivement en place un dispositif pour lutter contre le renoncement aux soins. Une étude menée dans 18 départements montre en effet que plus d’un quart des assurés interrogés sont concernés par ce phénomène.

Une question essentiellement financière

On pourrait croire que ne pas se soigner est un choix personnel qui, en plus, fait économiser de l’argent à la sécurité sociale. Non et non. « Parmi les personnes interrogées qui ont reconnu être concernées, plus de 90 % ont avancé une raison financière », assure Yvan Talpaert, directeur de la CPAM du Hainaut qui expérimente le dispositif depuis un an. Pour les personnes en situation précaire, les restes à charge ou les avances de frais pour certaines catégories de soins (optique, dentaire) sont des motifs de renoncement.

>> A lire aussi : Dix antennes de la CPAM de Lille-Douai délocalisées dans les mairies

Et si la Sécu a décidé d’aller chercher ces personnes, ce n’est pas uniquement pour leur bien. « Cela fragilise leur santé, impacte la vie sociale et professionnelle, avance Ghislaine Liekens, directrice de la CPAM des Flandres. Mais il faut aussi noter que des dépenses de santé supplémentaires peuvent découler de l’absence de soins », poursuit-elle.

Détection et accompagnement

Le dispositif est simple. Il faut d’abord identifier ces personnes. C’est le rôle des agents d’accueil dans le CPAM, mais aussi celui de partenaires comme les médecins, les centres d’action sociale ou les caisses de retraite. Les assurés concernés sont ensuite, s’ils le veulent, contactés par des agents de la CPAM pour se voir proposer un accompagnement.

>> A lire aussi : Que proposent les candidats à la présidentielle pour les soins dentaires mal remboursés ?

C’est la deuxième phase. L’accompagnement se fait essentiellement par téléphone et la première chose à faire est un bilan des droits. Ensuite le point est fait sur les soins à effectuer et le montage financier pour les réaliser. « Nous pouvons les accompagner jusqu’à la prise de rendez-vous et même proposer des aides exceptionnelles », affirme Ghislaine Liekens. Ce dispositif sera efficient sur l’ensemble du territoire d’ici à la mi-2018.