Ils réclament un toit au nom de la loi

Vincent Vantighem - ©2008 20 minutes

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Trente-huit demandes en quinze jours. Installée hier par le préfet, Daniel Canépa, la commission de médiation sur le droit au logement opposable (Dalo) n'a pas fini d'en recevoir. Car en deux semaines, ce sont 150 formulaires de demande de logements qui ont été retirés par des familles du Nord. Daniel Canépa estime même à 4 500 le nombre de familles nordistes éligibles à ce nouveau dispositif. Preuve que le Nord manque cruellement de toits.

Toutes les demandes effectuées au nom de la loi atterriront donc sur la table de la commission Dalo. Charge alors à elle de juger de leur validité et de leur urgence. Logement insalubre, menace d'expulsion ou maison sur-occupée par une famille nombreuse : la commission pourra alors demander au préfet de trouver un logement dans les parcs HLM ou privé. « C'est un défi », reconnaît le préfet, qui ne croit pas si bien dire. S'il n'a pas trouvé de solution au bout de six mois, la famille concernée aura en effet la possibilité d'envoyer l'Etat devant le tribunal administratif (à compter du 1er décembre prochain).

Il va donc falloir bâtir. Mais si la construction de logements sociaux augmente (près de 4 000 en 2007), « certains maires n'ont pas encore compris la nécessité de ce type de programme », déplore Daniel Canépa.