« Le propriétaire n'a jamais bougé pour réaliser les travaux »

Renaud Bouchez - ©2008 20 minutes

— 

« On ne reçoit presque plus. J'ai honte de cette maison. » Sur la toile cirée de la salle à manger, Marie-Noëlle Jordy a étalé devant elle une partie de l'histoire des lieux. « Le reste est là-dedans », ajoute-t-elle en désignant un sac rempli de documents, posé sur le sol. Dans cette maison de Tourcoing, les cartons s'empilent dans le salon et dans les couloirs, dans l'attente d'un hypothétique déménagement. C'est dans cet espoir qu'elle a rendu, lundi, son formulaire Dalo.

Car, depuis que l'eau s'est infiltrée dans l'une des chambres, le couple Jordy doit partager la sienne avec leurs deux enfants de 11 et 12 ans. Leur fille aînée de 17 ans cohabite, elle, avec sa grand-mère, Adrienne. « On a des souvenirs ici, soupire cette dernière. On l'aime bien cette maison. Mais là... » Au-dessus d'elle, le papier peint à fleurs du salon se décolle avec l'humidité. « Et dans les chambres, ça sent le moisi », se plaint Alain, le mari. Cela fait plusieurs années que les Jordy souffrent de cette situation, mais la préfecture a seulement déclaré le logement insalubre en juin dernier. « Le propriétaire n'a jamais bougé pour réaliser les travaux nécessaires », peste Marie-Noëlle.

En 2004, elle décide donc de le poursuivre en justice, mais se fait débouter. Un échec qui lui reste en travers de la gorge. « Cette fois, j'espère que l'on verra que je suis de bonne foi. » Mais elle sait que c'est loin d'être gagné. « Trouver un logement pour six, c'est très dur. Le Pact Métropole et Partenord [une association et un office HLM] n'ont pas de solution pour nous pour l'instant », s'inquiète-t-elle.

La commission Dalo, elle, a maintenant six mois pour en trouver une. La famille aurait alors un nouveau toit dans l'année. « Mais si ça échoue, je fais une grève de la faim », conclut Marie-Noëlle.

Sur www.20minutes.fr

Notre dossier sur le Dalo