Oise: Dénoncé parce qu'il boit, on lui retire une partie de son RSA

SOCIAL Le maire d’une commune de l’Oise a décidé de signaler les personnes en état d’ivresse qui perturbent l’espace public et qui touchent le RSA…

G.D.

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Un homme boit de l'alcool sur la voie publique. (Illustration)
Un homme boit de l'alcool sur la voie publique. (Illustration) — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES

A Pont-Sainte-Maxence, le maire (LR) a décidé de se montrer intraitable vis-à-vis des alcooliques. Arnaud Dumontier vient d’œuvrer pour priver d’allocations un bénéficiaire du RSA (revenu de solidarité active)* parce qu’il se retrouvait régulièrement en état d’ivresse dans les rues de sa ville, raconte Le Parisien.

L’homme a vu son RSA suspendu de 80 % pour trois mois. En touchant ainsi au porte-monnaie, le maire de cette commune de 13.000 habitants espère « nettoyer les rues des ivrognes ». « Toucher l’aide de l’Etat pour la picoler, c’est intolérable », justifie-t-il.

Dépôt de 49 mains courantes

Selon lui, « une demi-douzaine de personnes s’alcoolisent dans le centre-ville » dont quelques bénéficiaires du RSA qui attendent « chaque début de mois pour engloutir le RSA sous forme d’alcool sur la voie publique ».

>> A lire aussi : Dans le Nord, 45.000 allocataires du RSA devront prouver qu'ils cherchent un emploi

Un premier individu vient donc d’être signalé par la mairie auprès du département chargé de verser cette allocation : 49 mains courantes avaient été déposées à la suite de perturbations créées par cette personne. Ce dernier avait bénéficié d’un accompagnement social avec cure de désintoxication et un contrat aidé ainsi qu’un logement social lui étaient destinés avant que le suivi ne se solde par un échec, assure Arnaud Dumontier qui précise que « ce type de sanction va se répéter ».

L’insertion en cause

Néanmoins, le problème d’alcoolisation ne peut être la cause d’une suppression du RSA. Cette sanction est la conséquence du « non-respect des obligations en matière d’insertion ».

Pour toucher le RSA, il faut prouver qu’on cherche du travail, comme le stipule le contrat passé avec l’allocataire. Des enquêtes sont d’ailleurs régulièrement menées par le département de l’Oise qui reçoit chaque mois « de nombreux signalements et des dénonciations anonymes ». Ces signalements peuvent mener au retrait de ce revenu de solidarité, comme c’est le cas dans le département du Nord où15.000 allocataires ont déjà été sanctionnés depuis un an. Ils n’étaient pas inscrits à Pôle emploi.

* Le montant est de 536,78 euros par mois. Il sera revalorisé le 1er septembre pour passer à 545,48 euros.