Ligue 2: «Amiens en Ligue 1, ce serait un exploit extraordinaire», selon Christophe Pelissier, l'entraîneur du club

FOOTBALL Christophe Pelissier, le coach picard, nosu raconte l'incroyable saison du club picard, deuxième de Ligue 2 à deux journées de la fin...

Francois Launay

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Christophe Pelissier, l'entraîneur d'Amiens
Christophe Pelissier, l'entraîneur d'Amiens — LANCELOT FREDERIC

Christophe Pelissier a de quoi savourer ce beau clin d’œil du destin. Coach de Luzenac en 2014, il avait réussi à faire monter le petit club ariégeois en Ligue 2. Une montée finalement invalidée quelques semaines plus tard après un long combat judiciaire. Chômage, doute, le technicien a mis quelques mois à se remettre de ce coup du sort. Avant d’être appelé par Amiens, alors en National, en juin 2015.

Depuis, c’est un véritable conte de fées. Monté l’an dernier en Ligue 2, le promu va peut-être vivre dans la foulée la première accession en Ligue 1 de son histoire. Deuxième de Ligue 2 à deux journées de la fin, le club picard a son destin en main et Christophe Pélissier raconte à 20 Minutes cette belle aventure.

Comment abordez-vous cette fin de saison  ?

On aborde ça en toute humilité mais aussi en confiance parce qu’on n’est pas là par hasard. On sait que nos deux derniers matchs vont être extrêmement difficiles. On se concentre d’abord sur celui de Laval ce vendredi à domicile. Ce serait une énorme erreur de croire que ce sera facile parce qu’ils sont derniers. Ce sera extrêmement compliqué.

Sur quoi ça va se jouer ?

Sur l’aspect mental. On essaie de protéger les joueurs de l’environnement car il y a beaucoup d’effervescence en ce moment autour d’eux. On a beaucoup de discussions avec eux. Il faut les mettre en confiance.

En début de saison, personne ne vous attendait là. Comment expliquez-vous cette saison incroyable ?

Ça s’explique d’abord par la qualité de l’effectif, mais aussi par la dynamique de la montée vécue la saison dernière. Le groupe a aussi peu changé. Dans le onze titulaire de la saison, il n’y a que deux ou trois nouveaux joueurs. C’est un groupe qui se connaît bien et qui fonctionne bien ensemble. On a aussi été très régulier en étant classé dans les cinq premiers depuis le début de saison. Cette confiance nous a aussi parfois donné de la réussite.

A quel moment de la saison avez-vous senti qu’il y avait un gros coup à jouer ?

A la fin des matchs aller, on avait rencontré toutes les équipes et on a vu qu’on pouvait rivaliser avec tout le monde. Après, on ne savait pas si on allait tenir sur notre niveau. Il n’y a pas eu de moment particulier. On n’a pas eu de vision à long terme. On a surtout insisté sur notre projet de jeu, c’est-à-dire avoir un contenu sur tous les matchs sans se préoccuper de l’adversaire, ni de la conséquence du résultat. On a le même discours depuis que le sprint final a commencé. On s’est fixé à chaque fois des échéances à court ou moyen terme. Et en février-mars, on s’est dit que si on était encore dans les cinq premiers à cinq journées de la fin, on pourrait avoir cet objectif légitime de monter.

Que représenterait une montée en Ligue 1 ?

Ce serait un exploit extraordinaire pour tout le monde, le club, la ville, la région. On a le 17e budget en masse salariale de la Ligue 2, et Amiens n’a jamais connu la Ligue 1.

A titre personnel, c’est aussi une belle revanche ?

J’essaie d’avoir du détachement là-dessus mais si on monte en Ligue 1, ce serait ma troisième montée en trois ans (une avec Luzenac, deux avec Amiens). Ce serait exceptionnel, mais ce n’est pas encore fait. Quoi qu’il arrive, cette saison restera belle.