Aide à l'achat de vélo: la métropole de Lille explose les prévisions

TRANSPORTS En un seul mois, l'aide à l'achat de vélo, mise en place par la métropole européenne de Lille, a plus que doublé l'enveloppe prévue...

Olivier Aballain

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Vélo dans le centre de Lille
Vélo dans le centre de Lille — O. Aballain / 20 Minutes
  • La métropole de Lille a mis en place, le 1er avril, une aide à l'achat de vélos
  • Le dispositif a déjà attiré 2.000 demandeurs, et se prolongera jusqu'à la fin septembre
  • A terme, l'enveloppe dédiée à cette aide pourrait être multipliée par 7 par rapport au budget initalement prévu

Le plafond est crevé, mais c’est pour la bonne cause. La Métropole de Lille (MEL) a annoncé ce mercredi que l’aide à l’achat de vélo allait être prolongée jusqu’au 30 septembre.

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L’institution avait initialement budgété 100.000 euros pour financer le dispositif, qui prévoit d’aider tout acheteur de monture neuve, à hauteur de 25 % du prix. Mais ce coût prévisionnel a déjà explosé, puisqu’en un seul mois, le total des demandes déposées dépasse les 250.000 euros.

Loin de s’alarmer de ce surcoût pour les finances métropolitaines, le président de la MEL, Damien Castelain (DVD), se réjouit de la « volonté de changement des comportements » qui transparaît chez les habitants de l’agglomération. La dernière enquête de déplacements a en effet révélé que 70 % des mouvements des métropolitains se font sur une distance inférieure à 5 kilomètres.

Environ 130 euros d’aide par vélo

Selon les premiers chiffres communiqués, environ 2.000 demandes d’aide ont été déposées, dont la moitié étaient complètes et feront l’objet d’un virement dès la première quinzaine de juin. Pour les autres, par exemple s’il manque l’engagement sur l’honneur à utiliser le vélo dans les déplacements du quotidien, « les demandeurs sont rappelés par nos services », précise le cabinet de Damien Castelain.

Le montant des aides octroyées atteint 133 euros en moyenne par vélo (le maximum était de 150 euros pour un vélo classique, 300 pour un vélo à assistance électrique). Selon la métropole, l’opération a généré un chiffre d’affaires dépassant le million d’euros chez les vendeurs de vélo, dont « 95 % sont localisés dans l’agglomération lilloise ».

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De surcroît, au-delà des heureux nouveaux propriétaires d’un mode de déplacement écolo et pas cher, l’aide à l’achat a bénéficié autant aux vélocistes indépendants qu’aux gros revendeurs type B’Twin.

Ainsi chez Fallet Cycles, à Mons-en-Barœul, on aura compté « au moins une cinquantaine » de clients nouveaux attirés par l’aide de la métropole. « Ce sont souvent des gens qui se remettent au vélo, et en majorité pour du vélo électrique », commente Frédéric Fallet.

Arras a pérennisé une aide similaire

« Cela correspondait à une demande identifiée depuis longtemps, commente Michel Anceau, à l’association Droit au Vélo (ADAV). Cette aide permet de valoriser ce mode de déplacement, et elle peut pousser les usagers à investir dans un vélo de qualité, avec de bons éclairages, un équipement pour transporter des affaires… »

Seul regret, pour certains : que l’aide ne soit pas pérennisée, comme elle l’a été, par exemple, à la communauté urbaine d’Arras (30 % du prix). 

D’ici au 30 septembre, la MEL estime qu’environ 5.000 dossiers pourraient être déposés, soit un coût avoisinant les 700.000 euros. Un bon premier coup de pédale.