Les Lillois de Xee lèvent 12 millions d'euros pour connecter les voitures

INNOVATION Quand une start-up se transforme en pépite, ou les clefs du succès de Xee, jeune société lilloise…

Olivier Aballain

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Illustration des services Xee
Illustration des services Xee — Xee
  • La société Xee vend un boîtier qui permet de lire les données transmises par les voitures
  • Lancée en 2012, Xee vient de lever 12 millions d'euros auprès de grands investisseurs comme Total, ou Bridgestone

La différence entre une start-up et une pépite tient parfois à une levée de fonds. Les Lillois d’Eliocity viennent d’intégrer la 2e catégorie en annonçant, fin avril, une levée de fonds de 12 millions d’euros.

Avec son boîtier Xee, qui se branche sur la prise « diagnostic » des voitures, Eliocity en fait des véhicules connectés, capables de dialoguer avec leur utilisateur. Leur solution intéresse notamment Total, et Bridgestone, après avoir initialement convaincu le groupe Mobivia, maison mère de Norauto et Midas. Xee emploie 35 salariés.

Xee séduit tout le monde. Selon des experts du cabinet Ptomelus consulting, 400 millions de véhicules connectés circuleront dans le monde en 2020. « Leur force a été de comprendre cela, il y a cinq ans, et de travailler pendant trois ans pour lancer une solution complète », témoigne Jean-François Dhinaux, de ViaID, l’incubateur de Mobivia.

Côté entreprises, la gestion d’une flotte de véhicules est facilitée par un boîtier qui regroupe toutes les infos et les alertes éventuelles (étapes de révision, géolocalisation, alerte vol, analyse de conduite…).

Les particuliers, eux, trouvent le moyen de « connecter » leur véhicule, même ancien, en branchant le boîtier Xee à la prise ODB, réservée d’ordinaire aux réparateurs. Le smartphone se transforme dès lors en ordinateur de bord, capable d’exploiter les données grâce aux applications gratuites disponibles sur toutes les plateformes (iOs, Androïd…). Le boîtier, lui, coûte 139 euros.

Xee est bien accompagné. Xee a été créée en 2012 par un ancien de Norauto, au sein de l’incubateur ViaID de Mobivia.

Adossée dès sa naissance à un gros partenaire, Xee avait ainsi le carburant nécessaire pour alimenter son développement, notamment vers l’Europe. Le même modèle a été appliqué avec succès par Mobivia avec Smoove, qui vient de remporter le marché des vélos en libre-service à Paris.

Or c’est souvent cette deuxième phase de croissance qui bloque les start-ups, car elle demande de gros moyens financiers et humains. La dernière levée de fonds va accentuer le mouvement. « Nos partenaires nous donnent les moyens d’aller vers le marché mondial, et de recruter des talents », se satisfait Yvan Gravier, PDG de Xee.

Xee est ouvert. Pour étendre sa compatibilité, Xee utilise une plateforme technique ouverte à d’autres acteurs, qui peuvent déployer de nouveaux services. Midas a inclus le boîtier dans une offre d’entretien « au kilomètre », Axa pour une assurance calée sur l’usage du véhicule… « Nous sommes dans la co-construction, explique Yvan Gravier, avec les grands groupes et avec des start-ups qui ont des idées innovantes » pour utiliser les données du boîtier.

La liste des véhicules compatibles est déjà impressionnante (certains sont pris en charge dès l’année-modèle 2004). Sur son blog, la société n’hésite d’ailleurs pas à faire appel aux utilisateurs des véhicules non encore répertoriés pour l’aider à les rendre compatibles.