Lille

Les Roms ont deux jours de sursis

Les soixante-dix Roms qui vivent depuis trois semaines dans l'auberge de jeunesse de Lille ne feront pas leurs valises ce soir. La préfecture a con­firmé hier soir à 20 Minutes que la réquisition de l'établissement serait prolongée au moins jusqu'à m...

Les soixante-dix Roms qui vivent depuis trois semaines dans l'auberge de jeunesse de Lille ne feront pas leurs valises ce soir. La préfecture a con­firmé hier soir à 20 Minutes que la réquisition de l'établissement serait prolongée au moins jusqu'à mercredi. A cette date, le préfet doit installer la commission départementale sur le droit au logement opposable, chargée de se prononcer sur les demandes d'hébergement d'urgence. « Nous prendrons une décision à ce moment-là. »

Une décision qu'Eric Delhaye attend avec impatience. Directeur de l'Armée du salut, il gère la vie dans l'auberge de jeunesse depuis trois semaines. Et il s'imagine mal remettre à la rue soixante-dix personnes sous prétexte que les températures sont repassées au-dessus de 0 °C. « On est en train de chercher des solutions durables pour ces familles, mais nous avons encore besoin de temps. » Installés à quelques mètres de l'auberge de jeunesse, les élus lillois restent dubitatifs. « Nous n'avons toujours aucun contact avec la préfecture, déplore Latifa Kechemir, conseillère (Personnalités) à la lutte contre les exclusions. Avec 7 lits pour 1 000 habitants, [la loi impose 1 lit pour 1 000 habitants], nous assurons largement notre part dans l'hébergement d'urgence. J'aimerais juste que d'autres communes en fassent autant. » En décembre, Nicole Klein, préfète à l'Egalité des chances, avait justement confié qu'elle étudiait la possibilité de réquisitionner des lieux dans d'autres communes de la métropole. Des études qui n'ont pas été suivies d'actes : l'auberge de jeunesse est, pour l'instant, le seul site à avoir été réquisitionné.