Lille: La CFDT et la CGT côte à côte malgré des consignes de vote différentes

SOCIAL Les syndicats ont défilé ensemble à Lille malgré les divergences de leurs centrales sur les consignes de vote pour l’élection présidentielle…

Gilles Durand

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Le début du cortège du 1er mai 2017, à Lille.
Le début du cortège du 1er mai 2017, à Lille. — G. Durand / 20 Minutes

Le choix de l’unité. A Lille, environ 3.000 personnes ont défilé dans les rues à l’appel des principaux syndicats et de nombreuses associations, ce lundi matin, pour la traditionnelle manifestation du 1er mai. Le cortège lillois avait, cette année, la singularité d’être un des rares, en France, à réunir la CGT et la CFDT sous la même bannière. Le syndicat FO, comme d’habitude, n’appelait pas à défiler.

Un défilé particulier

En effet, au niveau national, les deux syndicats lancent des consignes de vote différentes à l’occasion du second tour des élections présidentielles. La CGT appelle à faire barrage contre le Front National, comme elle l’avait fait en 2012 contre Nicolas Sarkozy, tandis que la CFDT réclame clairement d’aller voter pour Emmanuel Macron (DVD), dimanche.

« Il est vrai que tous les cinq ans, le défilé du 1er mai offre une image particulière en tombant entre les deux tours de la présidentielle. Encore plus cette année », souligne Christine Carlier, secrétaire générale de l’union locale CGT de Lille.

« Pas une voix pour l’extrême droite »

Ainsi, cette manifestation s’est cristallisée sur la présence de la candidate (FN) Marine Le Pen, au second tour. « Pas une voix pour l’extrême droite », assénait Michel Mercier, du bureau régional su syndicat Solidaires. « Le FN n’est pas un parti républicain, mais chaque citoyen est libre. Nous les appelons néanmoins à se rendre dans les urnes », renchérit Christine Carlier de la CGT.

Mais pas question d’appeler à voter pour Emmanuel Macron. « On ne peut pas appeler à voter pour quelqu’un qui a inspiré la loi Travail que nous combattons. Et un syndicat n’a pas à se plier aux échéances politiques. La politique ne résout pas tout. En 1936, malgré l’arrivée au pouvoir du Front populaire, on n’aurait rien eu sans les grèves et les manifestations », explique Michel Mercier de Solidaires.

« Nous gardons notre autonomie »

Du côté de la CFDT locale, d’ailleurs, pas d’appel, non plus, à voter Emmanuel Macron. « Nous ne sommes pas ici que pour la campagne électorale mais contre la discrimination et la xénophobie, précise Didier Bonte, secrétaire général CFDT à Lille. Nous gardons notre autonomie et nous écoutons nos militants. Il n’y a pas de consigne de vote. »

Au sein du cortège, Olivier, délégué UNSA, a fait son choix. A l’instar de son syndicat, il votera Macron « à titre personnel ». « Il n’y a pas de questions à se poser, note-t-il. Mais dès le 8 mai, on fera notre travail de syndicalistes. Les choses qui sont bien, on les applaudira, celles qui ne sont pas bien, on les combattra ».

Plus loin et pour l’anecdote, un cycliste sorti des rangs de la CNT (Confédération nationale du travail) s’empare du drapeau d’une militante de la FSU pour le fracasser par terre. On mène les combats qu’on peut.