VIDÉO. Lille: Une étude clinique qui jette un froid sur le traitement du cancer du rein

SANTÉ Une technique innovante de c s’ajoute à l’arsenal pour lutter contre le cancer du rein…

Mikaël Libert

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Une intervention en cryothérapie réalisée à Lille.
Une intervention en cryothérapie réalisée à Lille. — P.Puech / CHRU Lille

Ils soufflent le chaud et le froid sur les tumeurs. L’équipe du Professeur Philippe Puech, chef de service en imagerie génito-urinaire au CHRU de Lille, utilise la cryothérapie dans le traitement du cancer du rein. Une technique innovante et encore peu répandue mais dont les résultats sont très prometteurs.

Un traitement « mini-invasif »

« La cryothérapie fait partie des traitements ablatifs focaux minimalement invasifs, explique le professeur. Ça existe déjà pour le foie, la prostate et à Lille, on le fait pour le rein ». La technique consiste à mettre une aiguille dans la tumeur et appliquer un agent qui la refroidit. La tumeur gèle sous l’effet du produit puis se nécrose. L’opération se déroule sous un scanner, qui permet au médecin de placer avec une extrême précision les aiguilles, et sous anesthésie générale, « pour le confort du médecin et du patient ».

« Ce n’est pas une technique qui en remplace une autre, poursuit le Pr. Puech. La chirurgie ou le traitement par radiofréquences restent d’actualité. Nous choisissons l’une ou l’autre au cas par cas en fonction du patient ». Si certains patients peuvent bénéficier de la chirurgie, qui reste le traitement de référence, d’autres sont considérés « inopérables ». « En cas d’insuffisance cardiaque par exemple, on peut avoir recours à la cryothérapie ».

Images d'une procédure de traitement par cryothérapie sur le rein droit d'un patient.
Images d'une procédure de traitement par cryothérapie sur le rein droit d'un patient. - CHRU de Lille

Non remboursé par la sécu

Si l’utilité de la cryothérapie et son rapport bénéfice-risque ont déjà été prouvés, son utilisation pour traiter le cancer du rein n’est pourtant pas prise en charge par l’Assurance maladie. « Pour la proposer à nos patients, nous finançons les interventions sur le budget innovation du CHRU », se désole le chef de service.

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Pour lui, ce n’est pas forcément plus onéreux que la chirurgie : « Une intervention en cryothérapie coûte en moyenne 4.000 euros mais avec une hospitalisation réduite à une journée contre trois à quatre jours en cas d’opération ». Et à 1.500 euros la journée d’hospitalisation en chirurgie, le compte est vite fait.