Camp de Grande-Synthe: Premiers départs des migrants vers les centres d'accueil

MIGRANTS Un millier de migrants ont été abrités dans quatre gymnases avant de partir, ce mercredi, dans les différents centres d’accueil et d’orientation (CAO)…

G.D. avec AFP

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Grande-Synthe, le 11 varil 2017 - Reportage au camp de migrants de La Liniere
Grande-Synthe, le 11 varil 2017 - Reportage au camp de migrants de La Liniere — Olivier Aballain / 20 Minutes

« Ça va c’était bien, enfin… correct », bredouille Khalil, Kurde de 29 ans qui a passé la nuit à la salle Dufour. Comme lui, un millier de migrants se réveillaient peu à peu, mercredi, après une nuit calme passée dans quatre gymnases à Grande-Synthe et Dunkerque, a constaté un journaliste de l’AFP, au surlendemaind’un incendie qui a détruit leur camp.

Kurdes et Afghans séparés

Environ 200 Kurdes ont dormi dans cette salle Dufour, selon l’un des membres du personnel de sécurité sur place. Une trentaine d’autres ont choisi de dormir à la belle étoile, sur la pelouse voisine. Les Afghans sont abrités dans un gymnase éloigné.

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La ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, s’est réjouie, mardi soir, que 1.000 personnes aient pu être mises à l’abri, sur les quelque 1.400 du camp, contre environ 500 la première nuit.

Khalil, absent au moment de la grave rixe ayant abouti à l’incendie du camp de la Linière, lundi soir, a parcouru ce matin le kilomètre séparant son gymnase de celui réservé aux familles. Avec trois amis, il dit attendre un car qu’on leur a conseillé de prendre à destination de Lille. « Pour qu’on prenne mes empreintes », dit-il.

Convoyage toute la semaine

Le ministre de l’Intérieur, Matthias Fekl, et Emmanuelle Cosse ont annoncé, mardi, à Grande-Synthe, que des cars transporteraient les personnes mises à l’abri dans des Centres d’accueil et d’orientation (CAO) à partir de mercredi. Le convoyage aura lieu toute la semaine. Priorité sera accordée aux femmes et aux enfants.

« Je veux rester en France, c’est un bon pays pour les migrants, pas la Grande-Bretagne », dit Khalil. Quand il était au camp, il n’a pas pu partir en CAO faute de place, et se réjouit de voir la situation se débloquer.

Quantité de réfugiés manifestaient le regret de devoir quitter le camp de la Linière, lieu à leurs yeux plus confortable que les gymnases. Ils admettaient que cette nécessité était la conséquence de la rixe que certains d’entre eux avaient provoquée, rapporte Wajid, interprète en farsi et pachtoune.