Lille : Comment lutter contre le gaspillage alimentaire avec son smartphone

INITIATIVE Une start-up a développé une application permettant d’écouler les invendus des commerces de bouche…

Mikael Libert

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Avec Too good to go, on peut acheter, entre autres, les invendus de fruits et légumes (illustration).
Avec Too good to go, on peut acheter, entre autres, les invendus de fruits et légumes (illustration). — MYCHELE DANIAU / AFP

Tu ne jetteras point. Dix mois après son lancement à Lille et Paris, l’application « Too good to go », visant à limiter le gaspillage alimentaire, rencontre un franc succès. Mais comment ça marche au fait ?

Gagnant gagnant

En juin 2016, « Too good to go » débarquait sur le store d’Apple et le Google play. Une appli parmi des milliers d’autres ? Non, car celle-ci vous permet deux choses : manger pour trois fois rien et lutter contre le gaspillage alimentaire. « Nous nous sommes simplement dit que proposer les invendus des commerces de bouche à bas prix était de toute façon plus rentable pour les professionnels que de jeter leur marchandise à la poubelle », explique Camille Colbus, directrice des opérations pour « Too good to go ».

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Après avoir téléchargé gratuitement l’application, l’utilisateur choisit un commerce partenaire géolocalisé sur une carte. Autant que possible, les partenaires proposent un descriptif des produits disponibles. Une fois la commande passée via l’appli, il suffit de se rendre chez le commerçant à une heure définie et l’affaire est emballée. « Nous avons une palette très variée de professionnels qui travaillent avec nous. Plus d’une quarantaine sur Lille et la métropole », assure Camille Colbus. Cela va de la boulangerie à la boutique de fruits et légumes, de la brasserie proposant des plats du jour aux buffets d’hôtels…

Des prix imbattables

« Selon le commerce choisi, les commandes sont à retirer le matin, le midi ou le soir. Mais nous essayons de toujours proposer des produits frais et de qualité, poursuit la directrice des opérations. En termes de prix, les réductions peuvent aller jusqu’à -60 à -70 %. »

Mickaël Sabato est co-gérant d’une chaîne de trois établissements de restauration rapide dans la métropole : « En moyenne, nous mettons à disposition des utilisateurs de l’application trois menus par jour à trois euros au lieu de dix. Bien entendu, cela varie selon que le magasin a bien travaillé ou pas ». Pour lui, le prix est symbolique et ne change pas fondamentalement son chiffre d’affaires. « Avant de passer par « Too good to go », nous nous arrangions pour donner la nourriture au lieu de la jeter. Maintenant, c’est juste plus simple », glisse-t-il.

« Utiliser cette application est un moyen d’atteindre notre objectif du zéro déchet », déclare-t-on chez Better primeur à Villeneuve d’Ascq. Partenaire de l’application depuis janvier, ce commerce écoule en moyenne sept paniers par jour.

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« L’utilisation de notre système est gratuite pour le consommateur comme pour le professionnel. Nous nous finançons en prélevant une commission fixe d’un euro par portion vendue », souligne Camille Colbus. Des partenariats ont déjà été développés dans 16 villes françaises, notamment Bordeaux, Toulouse et, depuis ce mardi, à Grenoble.