Camp de Grande-Synthe: Quelles solutions après l'incendie ?

MIGRANTS Au lendemain de l'incendie qui a ravagé le camp de Grande-Synthe (Nord), l'État tente de réorganiser l'accueil des migrants...

Olivier Aballain

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Le camp de La Linière, à Grande-Synthe (Nord), au lendemain de l'incendie qui l'a ravagé
Le camp de La Linière, à Grande-Synthe (Nord), au lendemain de l'incendie qui l'a ravagé — O. Aballain / 20 Minutes

L’incendie volontaire de la plus grande partie du camp de migrants de Grande-Synthe n’a évidemment pas fait disparaître les migrants. Une partie d’entre eux était d’ailleurs de retour aux abords du camp quelques heures après le sinistre, mardi.

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L’État et les collectivités territoriales vont donc devoir gérer, dans les jours qui arrivent, 1.500 personnes sans abri dans la région.

A court terme, à Grande-Synthe : Des salles municipales, en attendant mieux. Dès cette nuit, trois gymnases ont été ouverts en urgence pour mettre à l’abri « 400 à 500 » personnes, selon un comptage approximatif du préfet du Nord. Pour éviter que les débordements ne se reproduisent, les communautés ont été séparées : selon nos informations, l’un des trois gymnases est dévolu uniquement aux ressortissants afghans, les deux autres hébergeant en priorité des réfugiés kurdes.

Le préfet et Damien Carême, le maire (EELV) de Grande Synthe, disent à présent « travailler à accroître et consolider » le dispositif d’accueil d’urgence. Dans ce cadre, le préfet n’a pas exclu que le camp de La Linière héberge à nouveau des personnes migrantes, même si « l’idée » des cabanons en bois a, selon lui, « un peu vieilli ». « Grande-Synthe a tenté une première réponse pour la mise à l’abri. il faut la renouveler », a-t-il encore indiqué.

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Les conteneurs de l’ancien centre d’accueil provisoire de la jungle de Calais, proprement démontés en février, pourraient ainsi reprendre du service. Le préfet évoque également l’installation de « tentes » de la sécurité civile : « Si vous saviez les moyens dont nous pouvons disposer, vous seriez étonnés. Le sujet pour nous, c’est comment on organise, comment on sécurise ».

Médecins Sans Frontières, l’ONG qui a monté et financé le camp de la Linière début 2016, s’est dite prête à « aider logistiquement » si une réelle prise en charge est organisée.

A moyen terme, dans toute la France : De nouvelles places en CAO. La préfecture du Nord a annoncé « l’accélération de l’accueil » des migrants demandeurs d’asile en centre d’accueil et d’orientation (CAO).

Certaines associations, notamment Emmaüs, s’étaient inquiétées ces dernières semaines de la fermeture prochaine de places en CAO, avec la fin de l’hiver. Le maire de Grande-Synthe en appelle à la « solidarité nationale des élus locaux » pour obtenir l’ouverture de « nouveaux centres ». Le préfet du Nord, quant à lui, dit vouloir « construire un avenir » aux migrants « dans tout l’Hexagone », au nom de « l’histoire » de la France.

En forme de conclusion, la maire de Calais, Natacha Bouchart (LR), estime dans un communiqué que les « camps de fortune, insalubres et anarchiques ne doivent plus se substituer aux centres d’accueil et d’orientation ».