Lille: Guerre de territoires entre taxis et VTC dans le secteur des gares

CHASSE GARDEE Les chauffeurs de taxi lillois ont mené une action coup de poing jeudi matin...

Mikaël Libert

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Les taxis lillois ont bloqué le secteur des gares.
Les taxis lillois ont bloqué le secteur des gares. — M.Libert / 20 Minutes

Jeudi matin, de nombreux chauffeurs de taxi ont bloqué tout le secteur des gares de Lille pour dénoncer, une fois de plus, la concurrence déloyale des véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC). L’ambiance était tendue.

Les artisans taxi ont été reçus en préfecture en fin de matinée, jeudi. Avant cela, ils étaient entre 40 et 100 à bloquer les accès aux gares de Lille-Flandres et Lille Europe avec leurs véhicules. Leurs cibles, UBER et les chauffeurs de VTC, qu’ils accusent de marauder illégalement autour de ces points. « Ils circulent ou se garent et attendent des clients alors qu’ils doivent retourner à leur base entre chaque course », affirme Abdel Madjid, représentant du syndicat UNT 59.

Les VTC viennent même de Paris

Autour de lui, beaucoup de ses collègues confirment, photos à l’appui, que les VTC squattent les endroits stratégiques. « Ils se garent devant les hôtels, les gares, les grandes entreprises et même à l’aéroport. C’est pour ça qu’ils sont si réactifs », lâche un autre artisan lillois.

« Lorsqu’il y a de gros congrès à Lille Grand Palais, des VTC viennent même de Paris pour travailler alors que nous, on est liés à une commune en dehors de laquelle il nous est interdit de charger des clients », poursuit-il. Ironie du timing, une grosse berline allemande, immatriculée en région parisienne, s’est arrêtée au dépose-minute de Lille-Flandres au même moment. Le conducteur, tiré à quatre épingles, a ouvert la porte à ses passagers qui se sont pressés ensuite dans la gare.

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Ils réclament plus de contrôles

« Lui, c’est un VTC, c’est sûr. Mais il a le droit de déposer ses clients », constate un taxi. Sauf que la berline n’est repartie que pour mieux stationner un peu plus loin. La tension est montée d’un cran chez les grévistes. « Vous voyez, ils nous narguent. Et c’est comme ça tous les jours », s’emporte Abdel Madjid.

Au préfet, les taxis réclament davantage de contrôles, sans trop y croire. « Ils sont à peine une dizaine à la brigade des taxis, comment voulez-vous qu’ils soient efficaces », remarque, dépité, un autre artisan. Ils espèrent aussi que la préfecture va mettre le frein sur la délivrance des licences de VTC. « Il y en a trop, ils en arrivent à se bouffer entre eux. Moi, pour compenser la concurrence de Uber, je dois bosser 16h par jour. Ce n’est plus possible. »

La brigade des taxis ne chôme pas

Mais des contrôles, il y en a. « Depuis le début de l’année, 105 VTC ont été contrôlés et 67 infractions ont été relevées, essentiellement pour maraudage », assure-t-on à la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP). En 2016, la même source a indiqué à 20 Minutes que 711 VTC avaient été contrôlés et 251 infractions relevées. La police tient aussi à tordre le cou à la rumeur qui insinue que les sanctions ne sont pas dissuasives : « Ce sont des contraventions de 5e classe dont le montant peut aller jusqu’à 1500 euros. Dans certains cas, les véhicules peuvent aussi être confisqués ».