Paris-Roubaix: Plus fort que la voiture-balai, voici le dépanneur des pavés

CYCLISME Dominique Duret et sa dépanneuse viennent en aide aux motos et voitures pendant la reine des classiques...

Francois Launay

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C'est ce genre de dépanneuse qui vient en aide aux motos et voitures sur Paris-Roubaix
C'est ce genre de dépanneuse qui vient en aide aux motos et voitures sur Paris-Roubaix — Bosch Car Service

Après lui, le désert. Depuis dix ans, Dominique Duret est le dernier nettoyeur de Paris-Roubaix. Ce Nordiste, prestataire de Bosch Car Service, est le dépanneur des pavés, celui qui passe en dernier dans la longue file de voitures, motos et vélos pour faire place nette sur le trajet.

« Mon boulot consiste à ne rien laisser derrière moi. Je suis la dernière voiture de la course. Juste derrière moi, il y a la garde républicaine qui déprivatise la course et qui la rouvre à la circulation », raconte le quinquagénaire.

Un véhicule de douze tonnes

Dans l’imaginaire collectif, le dernier véhicule d’une course cycliste est la voiture-balai qui ramasse les coureurs et/ou vélos blessés, largués, crevés. Du coup, on oublie trop souvent la dépanneuse. Cet immense véhicule de douze tonnes est chargé de venir en aide aux motos et autos qui suivent l’épreuve. Entre les directeurs sportifs, les organisateurs de la course, les photographes ou encore les journalistes, on ne dénombre pas moins d’une soixantaine de voitures et d’une bonne centaine de motos sur Paris-Roubaix.

Dominique Duret, le dépanneur de Paris-Roubaix
Dominique Duret, le dépanneur de Paris-Roubaix - F.Launay/20 Minutes

« Je m’occupe de tout ce qui n’a pas pu être dépanné avant moi »

« Je m’occupe de tout ce qui n’a pas pu être dépanné avant moi. Par exemple, quand il y a une crevaison sur une voiture, les mécaniciens des équipes cyclistes savent changer une roue. Il y a aussi des véhicules d’assistance à l’avant de la course. Mais s’il y a des choses plus graves, on attend que j’arrive pour charger ou aider à sortir des voitures qui peuvent se retrouver dans le fossé. Par exemple, sur Paris-Roubaix, avec les pavés, on est souvent confronté à la casse des carters d’huile », raconte le dépanneur.

Des coureurs secourus en dépanneuse

Et en dix ans de Paris-Roubaix, Dominique Duret a déjà tout connu, le pire comme le meilleur. Sur ses dix éditions, cinq se sont terminées sans le moindre pépin. Sur les cinq autres, les choses ont parfois été plus graves. Au rayon insolite, il y a ce motard qui avait perdu ses clés dans la boue. Il y a aussi ces coureurs ramenés blessés au Vélodrome dans la dépanneuse « la jambe bien allongée sur le tableau de bord » par manque de place dans l’ambulance ou la voiture-balai.

Mais il y a aussi un très mauvais souvenir. Il y a trois-quatre ans, une moto avait dévié de sa trajectoire et avait percuté des spectateurs massés le long de la route. « Il y a eu des blessés et il avait fallu attendre plusieurs heures, le temps que les hélicos atterrissent et interviennent. Ça m’a beaucoup marqué », reconnaît le Nordiste.

Le stress du beau temps

Vu que l’imprévu fait partie intégrante de la reine des classiques, Dominique Duret ne dort jamais beaucoup quelques jours avant la course, la faute au stress. Et le beau temps annoncé pour dimanche n’est paradoxalement pas là pour le rassurer. « Quand il ne fait pas beau, les gens font beaucoup plus attention. Sur un Paris-Roubaix, les routes ne sont pas larges et le public, massé sur les routes, n’attend pas. Une fois que la plupart des coureurs sont passés, les gens traversent n’importent comment. C’est ça le danger »

Pourtant, pas question d’arrêter de dépanner sur les pavés. S’il n’est pas un grand spécialiste de vélo, Dominique Duret, qui couvre aussi le Tour de France avec sa dépanneuse, aime ce grand barnum « Je suis impressionné par cette organisation. Le nombre de personnes qui travaillent sur l’événement, c’est épatant », reconnaît Dominique Duret, le dernier maillon de Paris-Roubaix.