Scandale de l’amiante: Manifestation à Dunkerque pour mettre «fin à l’impunité»

SANTÉ Cela faisait sept ans que les «veuves de l’amiante» n’avaient pas manifesté à Dunkerque…

M.L. avec AFP

— 

Nouvelle manifestation des «veuves de l'amiante» à Dunkerque (illustration).
Nouvelle manifestation des «veuves de l'amiante» à Dunkerque (illustration). — M.Libert / archives 20 Minutes

Mardi, 250 personnes, essentiellement desveuves de travailleurs au contact de l’amiante, ont manifesté à Dunkerque, dans le Nord. Elles réclamaient que soit mis « fin à l’impunité » des responsables du scandale de l’amiante en France.

De nombreuses ex-épouses de dockers et salariés des anciens chantiers navals de la Normed avaient pris place dans le cortège, le premier à Dunkerque depuis sept ans, qui était organisé par l’Association régionale de défense des victimes de l’amiante (Ardeva). Elles tenaient entre leurs mains des portraits des disparus.

Lettre aux candidats à la présidentielle

Une délégation a remis à la sous-préfecture une « lettre ouverte aux candidats à l’élection présidentielle » contenant « trois propositions pour mettre fin à l’impunité ».

L’Ardeva réclame la création d’une « infraction d’homicide délibéré » (et non plus seulement volontaire) qui serait, selon elle, « adaptée à la répression des catastrophes sanitaires et environnementales ».

Elle demande aussi « une procédure spécifique permettant de traiter des procès de masse », celle que forment les victimes de l’amiante, tout comme « un encadrement légal des délais d’instruction et de jugement » de ce type de dossiers.

Enfin, l’association estime que la loi devrait prévoir « des amendes dont le montant (soit) proportionnel aux bénéfices potentiellement induits par le non-respect de la réglementation ».

Un procès au pénal

Le mois dernier, cette association a fait appel au médiatique avocat Eric Dupond-Moretti, pour obtenir un procès pénal des responsables de ce scandale en Nord-Pas-de-Calais. Ce dernier a demandé une audience auprès de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris.

A Dunkerque, des centaines de dockers et salariés des chantiers navals avaient été contaminées en déchargeant pendant de longues années des sacs d’amiante sans aucune protection. Des épouses ont également été vaincues par la maladie pour avoir été en contact avec les vêtements portés par leurs époux au travail. Depuis décembre 2004, 40.500 personnes sont mortes de l’amiante en France, estime l’Ardeva.