Grand Stade:Le président de la métropole de Lille en garde à vue

POLITIQUE Damien Castelain, successeur de Martine Aubry à la tête de la métropole de Lille, est entendu dans les locaux de la PJ sur le dossier du stade Pierre-Mauroy…

Olivier Aballain

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Lille, le 18 avril 2014. Damien Castelain, maire de PŽéronne-en-mŽlantois, a ŽétŽé Žélu prŽésident de la Métropole de Lille.
Lille, le 18 avril 2014. Damien Castelain, maire de PŽéronne-en-mŽlantois, a ŽétŽé Žélu prŽésident de la Métropole de Lille. — M.Libert/20 Minutes

« C’était un rendez-vous fixé à l’avance, dans les locaux de la police judiciaire », relativise l’entourage. Le président de la Métropole européenne de Lille (MEL), Damien Castelain (divers-droite), est entendu en garde à vue depuis ce lundi matin, dans le cadre de l’information judiciaire ouverte sur les conditions d’attribution de la construction du stade Pierre Mauroy.

L’information, révélée ce soir par la Voix du Nord, est confirmée par le cabinet de Damien Castelain à la MEL. « Depuis les événements de la fin d’année [2016], on s’y attendait, c’est la suite de la procédure ».

 

 

Enquête élargie en décembre

L’enquête ouverte en 2012 pour « faux » et « favoritisme », avait été élargie, en décembre 2016, à des soupçons de « corruption » et de « trafic d’influence ».

La justice s’interroge sur les conditions dans lesquelles le constructeur Eiffage a été choisi par la métropole en 2008, alors qu’elle était encore dirigée par Pierre Mauroy.

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Initialement, les enquêteurs se sont notamment penchés sur un rapport d’évaluation des candidats, dont les notations ont, selon un plaignant, pu être adaptées pour coller au choix final. Le projet Bouygues, moins cher de 56 millions d’euros sur le papier, avait été écarté. Le constructeur n’avait pas attaqué la décision, mais un contribuable, Éric Darques, a porté plainte, en évoquant pour sa part un surcoût de 108 millions.

Cependant depuis le mois de décembre, le juge Jean-Michel Gentil s’intéresse à des soupçons de corruption, dont certains visent directement le président de la MEL. Selon le site internet Mediacités,les investigations portent sur des cadeaux offerts par Eiffage. Avant son élection à la tête de la MEL en 2014, Damien Castelain était, au sein du conseil métropolitain, l’un des poids lourds du groupe influent des petites communes. Ses services font savoir aujourd’hui qu'« il n’y a pas eu de négociation » en 2008, car la procédure de dialogue compétitif ne le permettait pas.

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D’autres personnes sont également entendues en garde à vue ce lundi dans ce dossier, sans que l’on sache encore combien. Contactés, les services du procureur de la République de Lille n’ont pas pu donner suite. L’audition du président de la MEL était toujours en cours à 19h.