Amiens: Ayoub vers une relaxe dans le procès de l'ultra-droite

JUSTICE Les réquisitions contre les membres du «White wolves klan» sont tombées, le verdict sera annoncé dans la journée…

C.S. et O.A. avec AFP

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Serge Ayoub au tribunal correctionnel d'Amiens
Serge Ayoub au tribunal correctionnel d'Amiens — FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Serge Ayoub est sur la voie de la relaxe, mais pas ses affidés. Les réquisitions sont tombées mercredi après-midi, au tribunal correctionnel d’Amiens, contre les membres du « White wolves klan » (WWK), un groupe néonazi ultra-violent, dirigé par un disciple de Serge Ayoub.

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Les prévenus sont jugés depuis lundi pour des violences aggravées, commises notamment à l’encontre de membres d’une cellule rivale, en décembre 2012. Seize peines de prison ferme, allant du sursis à dix ans de réclusion, ont été proposées. Le ministère public a néanmoins requis la relaxe contre Serge Ayoub, jugé pour complicité car il est soupçonné d’avoir ordonné l’attaque.

Créé début 2013 à Ham dans la Somme, le WWK est né sur les cendres de « Troisième voie », autre groupe qui avait à sa tête Serge Ayoub. Cet ancien chef des skinheads d’extrême droite parisiens et des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR) est aussi le mentor de Jérémy Mourain, principal accusé du procès.

Le jugement devrait être prononcé ce jeudi

Sous le vernis idéologique nazi révélé par l’enquête, les vols, les violences gratuites et les lynchages contre les groupes rivaux, les personnes d’origine étrangère et même les membres du groupe réfractaires, ont fait le quotidien du WWK entre 2012 et 2014.

Dans son réquisitoire, le substitut du procureur a pointé un « concentré de haine » où règnent les « violences extrêmes », recommandant une peine de dix ans de réclusion pour le leader Jérémy Mourain, pour organisation d’un groupe de combat, participation à un groupe de combat et association de malfaiteurs.

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Le magistrat a toutefois reconnu qu’un « doute » subsistait sur l’ordre donné par Ayoub à son poulain, estimant que Jérémy Mourain avait pu « sur-interpréter » une consigne de son mentor.

« J’aimerais bien que certains ne me portent pas au Panthéon des monstres pour essayer de s’en sortir », a ironisé Jérémy Mourain, refusant que ses co-accusés lui mettent « tout sur le dos ».

La décision des juges est attendue ce jeudi.