Pas-de-Calais: Après la fermeture d'une usine, les élus réclament le remboursement des aides

ECONOMIE Le groupe de chimie propriétaire de Tioxide se voit demander de rembourser les aides après son annonce de fermeture du site de Calais...

G.D. avec AFP

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L'usine Tioxide à Calais.
L'usine Tioxide à Calais. — Google Maps

Un geste symbolique ou le début d’un vrai bras-de-fer ? La région des Hauts-de-France a réclamé, lundi, le remboursement d’aides attribuées au groupe de chimie Huntsman, qui a annoncé, vendredi, la fermeture de son usine Tioxide de Calais, dans le Pas-de-Calais.

Suppression de 108 postes

La fermeture de ce site, situé à proximité de l’ex-campement de migrants de Calais, entraîne la suppression de 108 emplois. D’après Pascal Duquenne, délégué syndical de la CFE-CGC Chimie, 150 personnes avaient déjà été licenciées en 2015 dans cette usine.

« Votre départ entraînera automatiquement une reconsidération de tous les précédents engagements contractuels conclus entre Huntsman et la région », ont écrit Xavier Bertrand (LR) président de la région Hauts-de-France et Natacha Bouchart vice-présidente de la région et maire (LR) de Calais, dans une lettre adressée à Simon Turnet président du groupe Huntsman Pigments.

Une aide de 10 millions d’euros

La région rappelle qu’une délibération avait été votée en 2011 concernant une aide à hauteur de 500.000 euros pour une unité de production d’engrais ainsi qu’un émissaire en mer - sorte de gros tuyau pour le rejet en mer d’effluents de l’usine - qui avait coûté plus de dix millions d’euros à la région. Celui-ci avait été construit en 2015 et était indispensable au fonctionnement du site.

Aussi, la région « demandera à récupérer toutes les sommes indûment perçues par votre groupe dans la mesure où vous quittez le territoire régional », poursuit Xavier Bertand dans une lettre rendue publique.

Aucune clause concernant l’emploi

Cependant, l’exécutif précédent de la région Nord/Pas-de-Calais, socialiste, « n’avait pas prévu à l’époque une clause qui conditionnait l’infrastructure au maintien de l’emploi sur une période de cinq à dix ans », a précisé à l’AFP le cabinet de Xavier Bertrand.

Mais le combat pour récupérer les fonds n’est pas pour autant perdu d’avance, veut-on croire. « On peut jouer sur d’autres éléments, quand on est dans une relation contractuelle il y a tout un champ qui s’appelle l’intention affichée ou dissimulée. Ça nécessite un vrai travail juridique », a-t-on ajouté de même source.

Le site calaisien, en activité depuis 40 ans, avait employé jusqu’à 650 personnes.