Migrants sur le littoral nordiste: Comment l'État peut s'en sortir?

REFUGIES Malgré les difficultés, les solutions existent pour mieux adapter la région Hauts-de-France à l’afflux des migrants…

Olivier Aballain

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L'autoroute A16 en arrière plan du camp de Grande-Synthe
L'autoroute A16 en arrière plan du camp de Grande-Synthe — O. Aballain / 20 Minutes

Rixes, incendies et déclarations enflammées du ministère de l’Intérieur n’ont pas eu la peau du camp de migrants de Grande-Synthe. Le gouvernement, la ville de Grande-Synthe, et l’association gestionnaire du camp, l’Afeji, ont reconduit vendredi, jusqu’au 31 août, la convention qui régit le camp de La Linière, où 200 cabanons assurent encore la mise à l’abri de 1.500 personnes.

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Le camp a pourtant été le théâtre d’échauffourées la semaine dernière, en raison notamment des restrictions d’accès qui y sont imposées. Mais le principe de réalité s’impose : le démantèlement de la « Jungle » de Calais n’a pas tari les arrivées de migrants dans la région.

Cependant les solutions existent pour améliorer la situation.

Première piste : Rétablir un flux d’entrées/sorties. Vendredi, l’État s’est engagé à « reprendre les orientations en CAO » (centre d’accueil et d’orientation). C’était urgent : selon Sylvie Desjonquères, d’Emmaüs Dunkerque, il y avait la semaine dernière « 150 à 200 personnes bloquées à Grande-Synthe en attente d’une place en CAO ».
Ces réfugiés, qui ont décidé de demander l’asile en France, auraient dû pouvoir quitter la région. Faute de place à l’extérieur, ils restaient donc à Grande-Synthe, à la merci des services vendus par les passeurs.

Rouvrir des places doit permettre au camp de retrouver sa vocation d’origine, qui était de fournir un répit aux réfugiés, et non un hébergement à long terme.

Des migrants mineurs au centre de Grande-Synthe, en mai 2016
Des migrants mineurs au centre de Grande-Synthe, en mai 2016 - O. Aballain / 20 Minutes

Deuxième piste : Réduire la taille du camp. « Le nombre, ça complique tout. Par moments, on ne parvient plus à fournir assez de nourriture et de vêtements », indique un bénévole du littoral. Là aussi, l’État prévoit d’agir, en réduisant la taille du camp de Grande-Synthe « à 700 personnes maximum ». Mais Sylvie Desjonquères prévient : « Il faudra ouvrir d’autres centres ailleurs en France, d’autant que ceux qui ont été ouverts à la va-vite dans des colonies de vacances vont devoir laisser la place. »

Troisième piste : Réinventer l’accueil. Certaines associations ont souvent mis en place des solutions inventives pour faire face à la pénurie. A Calais par exemple, la boutique « Charity Shop » ( lien en anglais) de l’Auberge des Migrants permet de revendre des vêtements, parfois mal adaptés aux besoins des personnes en errance, pour financer d’autres actions. C’est aussi le cas du « container d’échange » mis en place à Grande-Synthe. Pour réduire le gaspillage et la dispersion de déchets, une paire de chaussures en bon état n’est donnée qu’en échange d’une paire trouée ou mal en point.