Lille: Le projet du quartier Saint-Sauveur sur de bons rails, malgré une pétition

URBANISME L'acquisition des derniers terrains de la friche Saint-Sauveur doit permettre la construction d'un nouveau quartier auquel certains s'opposent...

Gilles Durand

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La friche Saint-Sauveur en 2012.
La friche Saint-Sauveur en 2012. — M.LIBERT/20 MINUTES

Ça y est ! La dernière parcelle de terrain de l'ancienne gare de fret Saint-Sauveur appartient désormais à la Métropole de Lille. La ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, a signé, vendredi, l'acte de cession pour les 13 ha qui appartenaient encore à la SNCF.

Sous le prix du marché

Cette signature signifie que le projet que nourrit Martine Aubry, la maire (PS) de Lille, depuis des années, va pouvoir sortir de terre : construire un nouveau quartier dans cette friche de 23 hectares (46 terrains de football).

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Avec cette transaction, la SNCF touchera 7,5 millions d’euros. Un prix qui a pu être bradé grâce à la loi Duflot  permettant à l’Etat (actionnaire de la SNCF) de céder des terrains publics sous le prix du marché à condition de servir à construire des logements sociaux.

Une pétition pour aménager un parc urbain

Mais comme dirait Martine Aubry, elle-même, il y a un loup. Environ 2.500 logemens doivent voir le jour sur cet espace, mais seulement un tiers seront sociaux et surtout, le projet envisage aussi de bâtir 40.000 m2 de bureaux, 30.000 m2 de commerces et  une piscine olympique.

Un projet qui est loin de faire l'unanimité. Une pétition, lancée début février sur Mesopinions.com, a déjà recueilli près de 9.000 signatures. Les signataires préféreraient transformer cette friche en parc urbain. Parmi eux, un architecte lillois, Antoine Kubiak. « C’est la dernière chance d’avoir un deuxième poumon vert, avec le bois de Boulogne, au cœur de Lille, et surtout, dans un quartier populaire », souligne-t-il.

Organiser un référendum

L’opposant a fait ses comptes : « A Lille, il y a 11,9 m2 d’espace vert par habitant, alors qu’on est à 14,5 m2 à Paris et à 59 m2 à Bruxelles. Sans compter que Lille est l’une des villes plus polluées de France et que ce nouveau quartier ne fera qu'accroître les problèmes de circulation automobile ».

Il estime que la seule solution serait d’organiser un référendum auprès des Lillois. Comme ce fut le cas à Berlin dans une situation analogue. En 2014  les Berlinois avaient voté contre la transformation d’un espace vert en logements.

« Il faut imaginer la ville à long terme et penser au bien-être des gens, souligne Antoine Kubiak. Si on veut faire des logements, pourquoi ne pas commencer par transformer les m2 de bureaux inoccupés ? »