Nord: L'État veut démanteler le camp de Grande-Synthe «le plus rapidement possible»

MIGRANTS Les derniers événements intervenus sur le camp de Grande-Synthe conduisent l’État à souhaiter sa fermeture…

Olivier Aballain

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Dans le camp de Grande-Synthe, en juin 2016
Dans le camp de Grande-Synthe, en juin 2016 — O. Aballain / 20 Minutes

« Cela ne peut pas continuer ». Le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux a indiqué mercredi, au Sénat, qu’il voulait « le plus rapidement possible » commencer « à procéder au démantèlement du camp de Grande-Synthe » (Nord), rapporte l’agence AFP.

A l’appui de sa déclaration, effectuée devant une commission sénatoriale consacrée à « l’avenir de l’espace Schengen », Bruno Le Roux évoque la survenue de comportements « inacceptables » constatés à l’intérieur du camp dit « de La Linière ».

Environ 1.500 personnes hébergées

Au lendemain d’un début d’émeute, qui a impliqué des dizaines de migrants et provoqué un incendie sur le site, « la question n’est plus seulement aujourd’hui celle du rétablissement de l’ordre public », précise le ministre. « Cela ne peut pas, pour l’État, continuer dans les conditions où cela fonctionne ces derniers jours », a indiqué le ministre lors d’une audition devant une commission du Sénat.

Le camp de Grande-Synthe, construit aux normes internationales par Médecins sans frontières (MSF) et ouvert le 7 mars 2016 à l’initiative de la municipalité écologiste, héberge aujourd’hui 1.500 personnes. Son déploiement a coûté 4 millions d’euros, dont 2,6 millions apportés par MSF.

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L’État, initialement opposé au projet, avait finalement accepté d’en financer la gestion au bout de deux mois, par le biais de l’association Afeji. Cependant, peu à peu des rixes et tensions ont émaillé le quotidien du camp à partir du mois de juin.

Le camp, un « facteur d’attraction » ?

Bruno Le Roux s’est notamment inquiété de phénomènes « inacceptables », tels que « rançons » ou « prêts » pour « limiter l’accès » à des installations, comme les douches par exemple. Plusieurs témoignages concordants, récoltés sur place par 20 Minutes, faisaient état d’un accès contrôlé en amont par des représentants de passeurs kurdes.

Le ministre entend mettre fin à ces dérives, « surtout compte tenu des afflux qui peuvent continuer à arriver ». Dans ce contexte, selon lui, le camp « est lui-même un facteur » d’attraction pour les migrants désireux de rejoindre la Grande-Bretagne.

Ce point de vue était vivement combattu l’an dernier par le maire (EELV) de Grande-Synthe, Damien Carême, qui estimait qu’on ne pouvait espérer convaincre les migrants de rester en France [au lieu de tenter de rejoindre clandestinement le Royaume-Uni] en les laissant les pieds dans la boue ».

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La remise en cause de la présence de ce camp survient alors que le préfet du Nord Michel Lalande devait signer, ce mois-ci, la prolongation pour six mois de la convention de gestion entre l’Etat, la ville de Grande-Synthe et l’Afeji.