Nord: Il reçoit un an de jours de congé de ses collègues pour s'occuper de son fils malade

SOLIDARITÉ Le salarié d'une plateforme d'appels téléphonique a bénéficié de la grande générosité de ses collègues...

Olivier Aballain

— 

Plateau de travail à Toulouse (illustration)
Plateau de travail à Toulouse (illustration) — A. GELEBART / 20 MINUTES

Le chacun pour soi n’est pas une fatalité, y compris dans le monde de l’entreprise. La Voix du Nord a rapporté, ce week-end, l’impressionnant mouvement de solidarité dont a bénéficié un salarié de la plateforme d’appels Capdune, à Coudekerque-Branche, près de Dunkerque (Nord).

Ce père de famille avait décidé de quitter l’entreprise en rupture conventionnelle, en décembre, pour prendre soin de son fils malade. Mais la direction de ce gros centre d’appels, qui emploie autour de 500 salariés, ne l’entendait pas de cette oreille. « Il était hors de question de se séparer [de lui] », témoigne le responsable des ressources humaines, contacté par la Voix du Nord.

Le dirigeant a donc proposé de mettre en place un compte épargne solidarité, prévu par la loi Mathys, de 2014, pour permettre à ses collègues de lui céder une partie de leurs jours de congé.

L’entreprise en rajoute 25 %

Bilan : en seulement trois jours, 185 jours ont été récoltés, au point que la direction a limité les dons à une RTT et un congé par salarié, car certains « étaient prêts à tout donner ». La direction, elle, a grossi le total de 25 %. Le papa a donc pu se mettre en congé solidaire pour un an, en janvier.

Lui qui voulait « rester discret » et « ne pas afficher ses problèmes » dit avoir reçu cette solidarité « en pleine poire », en se rendant compte que l’entreprise, créée en 2009, est une « grande famille ». Le responsable des ressources humaines, qui avait dû faire face, il y a une petite année, à un mouvement de grève dénonçant la « pression au quotidien » vécue par les salariés, conclut : « Il n’y a pas de mal à demander de l’aide quand on en a besoin. »