Willy Schraen, le charismatique patron des chasseurs français

PORTRAIT Originaire du Pas-de-Calais, l’homme est à la tête d’une fédération qui compte plus d’un million d’adhérents…

Mikael Libert

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Le président de la Fédération nationale de la chasse (FNC) Willy Schraen.
Le président de la Fédération nationale de la chasse (FNC) Willy Schraen. — Facebook

Un homme de poids. Willy Schraen est le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) depuis août 2016. Imposant par sa carrure, il l’est aussi par le nombre de personnes qu’il représente (1,14 million d’adhérents) et, en cette période électorale, les candidats à la présidentielle ne peuvent pas l’ignorer. Mardi, certains d’entre eux défileront devant la FNC et son grand patron. Portrait.

« Tradition familiale »

Le nouveau patron des chasseurs est né dans les Flandres en 1969. La chasse, il est tombé dedans quand il était petit. « A l’âge de cinq ans je partais déjà à la chasse dès que je pouvais », se souvient-il. Cette passion, il l’a développée naturellement en suivant les traces de son grand-père agriculteur. « C’est une tradition familiale que mes trois garçons suivent aussi, avec plus ou moins d’assiduité », assure le président de la FNC.

A 47 ans, Willy Schraen a bien mené sa barque. Il co-dirige une holding familiale qui regroupe plusieurs sociétés, notamment de vente de fleurs ou de promotion immobilière commerciale. Il est aussi conseiller municipal dans la petite commune de Bayenghem-les-Eperlecques où il réside. La volonté de se « battre pour la chasse » est arrivée très vite.

« Comme le messie »

En 2010, il prend la tête de la puissante fédération des chasseurs du Pas-de-Calais qui revendique 34.000 adhérents. « Il est arrivé comme le messie pour tous les chasseurs de gibier d’eau, glisse Pierre Heem, gérant d’une boutique en ligne d’articles de chasse. Il a tout fait pour que nous puissions continuer d’utiliser nos appelants quand il y a eu cette histoire de grippe aviaire. » «Il est charismatique et c’est un très bon orateur. Mais il travaille beaucoup et il faut pouvoir le suivre», plaisante Stéphanie Cathelain, directrice de la fédération du Pas-de-Calais ».

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Un bon et un mauvais chasseur

Quand on lui demande la différence entre un bon et un mauvais chasseur, en référence au sketch des Inconnus, ça le fait marrer : « C’est comme pour tout, y’a à prendre et à laisser », concède Willy Schraen, qui assure par ailleurs militer pour une « chasse raisonnée », « partie prenante dans la régulation des espèces ». Une gouaille sympathique, largement tempérée par Emmanuel Cau, ancien conseiller régional écologiste : « Il est très idéologique, il est venu pour mener une guerre politique contre tout ce qui pouvait ressembler à un écolo. » Le militant EELV se souvient d’une réunion sur le Schéma régional de cohérence écologique (SRCE) en 2014 où le chasseur « a même réussi à faire sortir le préfet de ses gonds ».

« Il est d’un bloc, il ne transige pas avec ses convictions », estime pour sa part Guy Harlé d’Ophove, président de la commission environnement au conseil régional des Hauts de France, précisant néanmoins qu’il « sait reconnaître quand il a tort, même si ça le fait ronchonner ».

Mardi, Willy Schraen va donc écouter les propositions des candidats à l’élection présidentielle pour la chasse : « Les seuls confirmés sont Macron et Fillon. Marine le Pen et Dupont-Aignan ne viendront pas et on attend pour Hamon. Nous, tout ce qu’on attend d’eux c’est la promesse d’un rééquilibrage de la gouvernance de la nature. La chasse, quand elle est cadrée et raisonnable, elle a sa place dans la biodiversité. »