Entretien avec HK, chanteur engagé: «L'art n'est pas seulement un produit de consommation»

CULTURE Le leader de HK et les Saltimbanks sort à la fois un album solo et un roman au mois de mars…

Olivier Aballain
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HK en concert en août 2015
HK en concert en août 2015 — Philippe Campos

Il est l’auteur, notamment, du On lâche rien, devenu classique des manifestations. Dans une année de campagne électorale, ce n’est pas une surprise de retrouver l’artiste roubaisien* Kaddour Hadadi, dit « HK ». Et en 2017, ça compte double : outre son premier album solo, L’empire de papier, sorti le 3 mars, HK publie aussi un 3e roman, Le cœur à l’outrage (Ed. Riveneuve, sortie le 16 mars).

Le Furet du Nord organise une rencontre/concert gratuite au Théâtre du Nord, à Lille, le samedi 11 mars à 16h.

Vous êtes engagé politiquement depuis vos débuts [avec le Ministère des affaires populaires, en 2005]. Avez-vous le sentiment de pouvoir encore vous faire entendre, en 2017 ?

Il y a un nivellement par le bas. Quand on n’est pas dans le format, c’est de pire en pire. Certains médias de diffusion n’ont pas de curiosité pour savoir comment on existe sans eux. Mais on a des vidéos qui font des millions de vues sur YouTube, on s’en sort quand même. Moi je crois qu’on peut encore avoir une exigence artistique et une exigence dans le propos, celle de s’élever collectivement. L’art n’est pas seulement un produit de consommation.

Est-ce que vous ne craignez pas que le propos politique coupe votre œuvre d’une partie du public ?

Non, je vois bien en concert qu’il y a des personnes de tous les univers. Les gens ont envie de danser ensemble, c’est ce que je dis sur Ce soir nous irons au bal ( clip en hommage aux victimes des attaques terroristes du 13 novembre à Paris). Penser que la musique doit être déconnectée de leur vie, c’est faux. Je ne cache pas mes convictions alter, écolos, solidaires, sociales. Je leur dis “ne soyons pas d’accord”. on a des discussions plus ou moins calmes, mais les idées sont plus importantes que les égos.

Est-ce que l’art doit forcément porter un message ?

Je ne veux pas opposer les choses. J’ai moi-même écrit de la poésie. J’ai beaucoup d’admiration pour certaines chansons d’amour, j’adore tout ce qu’a fait Jacques Brel… Mais aujourd’hui, des gens qui me font triper comme lui, ou comme [Jean] Ferrat, je les cherche.

Moi, je fais de la musique pour toucher les autres, sans haine, sans arme et sans violence. Les plateaux télé sont ouverts à des personnes comme Zemmour, mais il faut aussi nous laisser parler.

*HK vit à Bergerac (Dordogne) depuis quelques années