Lille et Roubaix vont être en partie chauffées grâce aux déchets ménagers

ENVIRONNEMENT Un nouveau dispositif permettra de récupérer la chaleur issue de l’incinération des ordures…

Mikael Libert

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Le Centre de valorisation énergétique d'Halluin (59).
Le Centre de valorisation énergétique d'Halluin (59). — M.Libert / 20 Minutes

Des poubelles aux radiateurs. La Métropole européenne de Lille (MEL) a annoncé, mercredi, qu’à l’horizon 2020, 60 % des besoins en chauffage de 70.000 logements de Lille et Roubaix seraient issus de la valorisation des déchets ménagers. Explications.

Exploiter une ressource existante

Les ordures ménagères communes non dangereuses sont incinérées. Dans la métropole, le Centre de valorisation énergétique (CVE) d’Halluin se charge de cette tâche pour 90 communes du territoire. Le processus dégage donc une grande quantité de chaleur, laquelle était utilisée jusqu’à présent pour les besoins de l’usine. Un gâchis que le président de la MEL, Damien Castelain, souhaite exploiter en créant une « autoroute de la chaleur » pour alimenter les réseaux de chauffage de Lille et Roubaix.

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Concrètement, 40 % de la chaleur produite par le CVE servira à surchauffer de l’eau à 120° laquelle sera envoyée, via des 19km de canalisations, dans les réseaux de chaleur urbains. Et ce sont ces fameuses canalisations qu’il faut à présent construire. Le montant de l’investissement est de 40 millions d’euros qui, selon la MEL, sera pour plus de la moitié couvert par des subventions de l’Ademe.

Mise en service fin 2020

Pour mener à bien cette mission, la métropole a confié la délégation de service public de douze ans à la société Covalys, co-entreprise de Veolia et Idex Environnement. La mise en service totale du dispositif est prévue fin 2020 avec l’objectif de « couvrir 60 % des besoins actuels en chauffage de 70.000 logements » précise le communiqué de la MEL. L’économie réalisée sur l’achat de gaz a été estimée à 5 millions d’euros par an. C’est aussi un bon point en termes d’environnement puisque ce système permettra l’abandon du charbon pour faire tourner la chaufferie du Mont de Terre à Hellemmes. L’histoire ne dit cependant pas si les clients verront la couleur des économies réalisées.