VIDEO. Lille: Deux complices présumés de Rédoine Faïd devant la cour d'assises du Nord

JUSTICE La cour d’assises du Nord a entendu deux frères soupçonnés d’avoir assisté Redoine Faïd dans son évasion spectaculaire de la prison de Sequedin, en avril 2013…

Olivier Aballain

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Entrée de la cour d'Assises du Nord, à Douai
Entrée de la cour d'Assises du Nord, à Douai — O. Aballain / 20 Minutes

Ils n’ont pas encore tout à fait assimilé les règles du système carcéral et judiciaire. Mohamed Yahiaou et son frère Abd El Nour comparaissaient ce matin aux assises du Nord, en tant que complices de l’évasion de Rédoine Faïd de la prison de Sequedin, le 13 avril 2013.

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Les deux frangins, âgés de 28 et 27 ans, ont un point commun : ils ont bien du mal à respecter les termes de leur contrôle judiciaire. Au point que le plus âgé, Mohamed, comparaît en tant que détenu, alors qu’il était en libération conditionnelle jusqu’en janvier.

Pas de grand banditisme

Ils sont tous les deux poursuivis pour avoir facilité l’évasion rocambolesque du cerveau présumé de l’opération. A ce titre, ils encourent jusqu’à dix ans de prison, alors que ces deux-là n’ont jamais fait partie du grand banditisme.

 

 

Mohamed Yahiaoui a certes neuf condamnations à son casier judiciaire, mais c’était pour des violences ou une conduite sans permis. Son frère, décrit comme plus « impulsif » a six mentions, mais la dernière date de 2009.

C’est Abd El Nour, soupçonné d’avoir fourni la voiture des fugitifs, qui déclare avoir le plus souffert de la détention provisoire, particulièrement à cause de l’isolement. « Vous ne pouvez pas savoir ce que c’est tant que vous ne l’avez pas vécu », a-t-il même lancé aux jurés, précisément choisis pour leur casier judiciaire vierge.

Contrôle judiciaire non respecté

Alors comment expliquer leur répugnance à suivre, une fois en liberté conditionnelle, les termes de leur contrôle judiciaire ? Poussé par la présidente, Mohamed Yahiaoui regrette, craint en tout cas le « mauvais effet » que produit sur les jurés le fait de comparaître menotté.

Abd El Nour Yahiaoui, qui gère un snack à Roubaix (comme son frère), est plus revendicatif et insiste sur la lourdeur du suivi hebdomadaire. Lui s’est présenté 17 fois en un an, soit une semaine sur trois.

« Un commerce, c’est beaucoup beaucoup de travail, plus de douze heures par jour, Madame », explique Abd El Nour Yahiaoui à la présidente, pour expliquer le suivi « épisodique » de ses obligations.

Brigitte Van Boxsom, qui garde devant elle les 7.000 pages du dossier dont elle a la charge, n’a pas perdu son calme. Elle lui a juste rappelé qu’il suffisait de respecter les règles pour demander leur aménagement, « et non l’inverse ».

Ce mardi après-midi, la cour entendra le récit de Rédoine Faïd sur les conditions de son évasion. Pour tenter de comprendre comment et avec quelles complicités il a, lui aussi, enfreint les règles.