Affaire Fillon: C'est le bazar chez Les Républicains dans les Hauts-de-France

POLITIQUE Dans les Hauts-de-France, le débat sur le maintien de la candidature de François Fillon à la présidentielle fait rage dans les rangs de LR…

Olivier Aballain
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Supporters de François Fillon au Trocadéro à Paris, le 5 mars 2017 / THOMAS SAMSON
Supporters de François Fillon au Trocadéro à Paris, le 5 mars 2017 / THOMAS SAMSON — AFP

Comment maintenir l’unité dans la tempête ? Les instances du parti Les Républicains des Hauts-de-France n’échappent pas au débat en cours sur le maintien de la candidature de François Fillon.

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Avec en toile de fond l’hypothèse du recours à Xavier Bertrand, président du conseil régional, les prises de position de la droite fourmillent de déclarations contradictoires. Et le débat n’a pas disparu avec le renoncement d’Alain Juppé.

Même la direction départementale de LR est partagée

C’est d’abord le député sarkozyste Sébastien Huyghe, qui avait le premier émis des doutes sur le maintien de François Fillon après les premières révélations du Canard Enchaîné. Ce lundi, prenant acte du renoncement d’Alain Juppé, le parlementaire estime que « cela se joue clairement entre [François] Baroin et [Xavier] Bertrand ».

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Quelques minutes plus tard, son collègue député Bernard Gérard, le secrétaire départemental de la fédération LR du Nord, confie au contraire à 20 Minutes que la candidature de François Fillon sort renforcée des derniers épisodes : « Le succès du rassemblement de dimanche au Trocadéro doit permettre de retrouver la raison, et de parler des vrais enjeux de la campagne. »

Problème : le président de la fédération lui-même, Gérald Darmanin, a lâché François Fillon après sa mise en examen, confiant, dans un tweet, avoir « honte de [sa] droite ». Ce lundi, il ne souhaitait pas réagir, mais ses messages sur le réseau social Twitter sont abondamment repris par les proches de Xavier Bertrand.

Signe du trouble qui agite le parti, un compte Twitter de soutien à François Fillon dans les Hauts-de-France a lui aussi appelé le candidat, samedi 3 mars,à « se retirer avec dignité ».

Combien de temps encore ?

« Ce qui pose problème, presque depuis le début, ce sont ces personnalités qui ont rallié François Fillon et le trahissent aujourd’hui, réagit François Kinget, élu LR à Lille. Les militants restent attachés au programme de François Fillon, et personne d’autre ne peut défendre ce projet, surtout pas dans le temps qui reste. »

Hervé Rozel, représentant de la « société civile » au sein des soutiens de Fillon dans le Nord, ne dit pas autre chose. « Je ne suis pas membre de LR, les logiques d’appareil ne m’intéressent pas. François Fillon est le seul à s’être engagé pour cinq ans à mettre en œuvre un programme dans lequel nous croyons. Il s’engage notamment à réduire le nombre de parlementaires d’un tiers, et cela inquiète certains élus. Mais nous ferons élire François Fillon sans eux, avec la France silencieuse. »

Bernard Gérard estime qu’il n’est de toute façon plus temps de tergiverser : « Qu’il y ait des opinions différentes (...), c’est normal. Mais, après la déclaration d’Alain Juppé, on se rend compte qu’il est temps de se mobiliser pour éviter le chaos que représenterait une victoire de Marine Le Pen, et le vide du programme d’Emmanuel Macron. »