Agressions à la Citadelle : Un premier camp de Roms démantelé

MIGRANTS Le petit bidonville de la rue de Constantine, à Saint-André, a été vidé de ses 57 habitants…

Mikaël Libert

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Un camp de Roms, à Lille (illustration).
Un camp de Roms, à Lille (illustration). — M.Libert / 20 Minutes (Archives)

Evacuation sous pression ? Jeudi matin, les forces de l’ordre ont procédé au démantèlement d’un camp de Roms situé aux confins de Lille et de Saint-André où habitaient près de 60 personnes.

Celui-ci, comme deux autres camps non loin de là, était montré du doigt après plusieurs agressions dans le secteur, dont celle d’une joggeuse qui avait fait grand bruit.

Alerte lancée sur Facebook

Il faut remonter au 12 février pour comprendre cette affaire. Ce jour-là, une jeune femme qui courrait sur le chemin longeant le canal de la Deûle entre Lille et Sant-André avait affirmé avoir été agressée sexuellement par plusieurs enfants Roms. Elle avait lancé l’alerte dans un long post sur Facebook qui avait suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Une manifestation de soutien avait même rassemblé 400 personnes à la Citadelle de Lille.

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Une source policière avait déclaré à 20 Minutes que les agressions s’étaient multipliées dans ce secteur depuis fin 2016. Parmi celles connues, une lycéenne et une cycliste, cette dernière ayant abouti à l’interpellation de deux enfants Roms âgés de 12 et 13 ans. Ceux-ci avaient été remis à leurs parents qui habitaient dans le camp de la rue de Constantine, à Sant-André.

Suite à cela, les villes de Lille et Saint-André avaient demandé l’évacuation du camp, via les réseaux sociaux, mais la préfecture du Nord avait confirmé à 20 Minutes n’avoir reçu aucune demande officielle. Inutile d’ailleurs, puisqu’une décision d’expulsion avait déjà été validée par la justice en mai 2015.

Une réponse « discriminatoire »

La décision n’avait pas été exécutée parce qu’il n’y avait aucune solution de mise à l’abri. « Pour ces familles, l’Etat ne propose rien d’autre aujourd’hui qu’un hébergement d’urgence jusqu’à la fin de la trêve hivernale, fin mars, s’indigne Dominique Plancke, membre du collectif de soutien aux Roms. Je ne cautionne pas les agressions, mais la peine est discriminatoire. On n’expulse pas de son domicile la famille d’un enfant français qui a commis un vol ».

Pour la préfecture, l’évacuation du camp de la rue de Constantine n’a rien à voir avec une quelconque pression politique ou médiatique : « Des expulsions de ce type ont lieu régulièrement et les délais entre les décisions de justice et leur mise en exécution sont parfois longs ».

Deux autres camps subsistent sur le secteur et Dominique Plancke craint qu’ils ne subissent le même sort. Les 20 adultes et les 37 enfants délogés, jeudi matin, font tous l’objet d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) selon la préfecture. S’ils sont toujours en France d’ici à la fin du mois de mars, ils pourraient être reconduits en Roumanie.