Illustration d'un élevage de poulets.
Illustration d'un élevage de poulets. — G . VARELA / 20 MINUTES

AGRICULTURE

Nord: Mort de 10.000 poulets, mais il ne s'agit pas de la grippe aviaire

Les autorités suspectent la grippe aviaire d’être responsable de la mort de dix mille poulets ces derniers jours dans un élevage près de Dunkerque…

Mise à jour, le jeudi 23 février, à 18 h 30: Les résultats des recherches du virus de l'influenza aviaire sont négatifs, a annoncé la préfecture du Nord. Le soupçon de grippe aviaire est donc levé.

C’est un peu comme si le ciel lui était tombé sur la tête, sous la forme d’un méchant virus. Un éleveur des Moëres, près de Dunkerque, attend encore les résultats des analyses effectuées sur ses volailles. Mais avec un total de 10.000 animaux morts, sur les 27.000 que compte son élevage, il ne se fait déjà plus d’illusions.

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« Une mortalité pareille, pour le vétérinaire, c’est forcément la grippe aviaire ou un virus similaire ». Laurent Blondeel, 56 ans, confie à 20 Minutes, ce mercredi, qu’il envisage de « tout arrêter ». « Avoir tant travaillé toutes ces années sans se verser de salaire… Là c’est le coup de trop. De toute façon je vivais déjà presque en autarcie avec ce que je produisais, ça ne changera pas tellement ».

La filière n’est pas démunie

Pour le reste de la filière régionale, en revanche, l’attente persiste. Mais Xavier Garéneaux, l’un des responsables du syndicat FDSEA, refuse de se laisser abattre. « On ne sait pas encore si c’est la grippe aviaire, précise ce producteur installé à Audruicq Pas-de-Calais).»

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Si c’est bien le virus H5N8, «ce sera très ennuyeux, mais ça reste un cas isolé, donc l’abattage ne se fera que dans un rayon de 3 kilomètres, pas beaucoup plus. » L’élevage dont les poulets sont morts se faisant en intérieur, la contamination est naturellement limitée.

Cependant pour éviter l’extension de l’épizootie, l’export de volailles de la région vers la Belgique pourrait être totalement bloqué. Or les abattoirs belges absorbent 90 % de la production régionale.

Heureusement une solution existe, et elle avait d’ailleurs été mise en place lors de la précédente alerte, en 2006, rappelle Xavier Garéneaux : un «corridor sanitaire» vers un abattoir frontalier à Mouscron (Belgique).

Les volailles y seraient transférables sur un itinéraire protégé, obligatoire, qui éviterait toute dispersion. Le problème, c’est que la procédure ne se met pas en place d’un claquement de doigts. Et à quelques jours près, les volailles qui grossissent peuvent se retrouver « hors calibre » pour le commerce.

Quant au label rouge «volaille de Licques», il serait plutôt protecteur : les volailles sont toutes abattues à Licques, et l’export ne représente qu’une infime part des ventes.