Tourcoing: Pourquoi François Fillon vient dans la ville de Gérald Darmanin

ELECTIONS François Fillon sera en visite à Tourcoing dans le cadre de la campagne présidentielle, le 17 février...

Olivier Aballain
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François Fillon (au centre) lors d'un déplacement à Compiègne le 15 février 2017
François Fillon (au centre) lors d'un déplacement à Compiègne le 15 février 2017 — SARAH ALCALAY/SIPA

Ce sera une visite presque de courtoisie, en tout cas sans ouverture au public. François Fillon, le candidat de la droite et du centre à la présidentielle, a prévu de passer la matinée de vendredi à Toucoing, en compagnie du maire Gérald Darmanin.

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L’élu nordiste, par ailleurs bras droit de Xavier Bertrand à la région, n’est certes pas un soutien de longue date du candidat. Mais la visite présente de nombreux avantages pour les deux hommes. Voici pourquoi.

Parce que Gérald Darmanin fait le trait d’union avec Nicolas Sarkozy. Le maire de Tourcoing avait un peu surpris son monde cet été en ralliant Nicolas Sarkozy dans la campagne des primaires de la droite et du centre. Six mois plus tôt, il avait pourtant fustigé les « débats identitaires […] nauséabonds » alimentés par des proches de l’ancien président. Mais il ne s’est jamais fâché avec aucun camp, réussissant même à rester dans le sillage de Xavier Bertrand, lequel n’avait pourtant pas de mots assez durs pour dénoncer «  la politique parisienne ».

Parce que Tourcoing est « populaire ». Dans la foulée de son rabibochage avec Nicolas Sarkozy, François Fillon veut donner un nouvel élan à sa campagne sur deux thèmes chers à l’ancien président. Gérald Darmanin estime dans Nord-Éclair que la visite du candidat à Compiègne (Oise) mercredi soir s’est faite « sous l’angle de la sécurité », tandis que son escapade tourquennoise travaille «  l’angle social ».

Parce que la droite tourquennoise est filloniste. Malgré le soutien du maire à Nicolas Sarkozy, Tourcoing a largement voté Fillon ( 37,8 % contre 28,0 % à Nicolas Sarkozy) au premier tour de la primaire de la droite et du centre, en novembre. François Fillon escompte donc peut-être bénéficier d’un accueil plus courtois des militants, dans une campagne encore empoisonnée par les emplois octroyés à sa famille au Parlement (le «  Penelopegate »).

Parce que le FN est une cible prioritaire. En empêchant la frontiste Marine le Pen de prendre la région Hauts-de-France en décembre 2015, Xavier Bertrand et Gérald Darmanin ont marqué les esprits dans leur camp.

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Dans l’hypothèse d’un nouveau duel avec Marine Le Pen, cette fois au second tour de la présidentielle, en mai, l’expérience nordiste est bonne à prendre.