VIDEO. Mort après une punition: L’enfant est décédé suite à un traumatisme crânien

JUSTICE La mère et le beau-père de Yanis, cinq ans, mort après une punition à Aire-sur-la-Lys (62), sont désormais mis en cause pour un homicide volontaire…

Olivier Aballain

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Les policers enquêtent près du canal de la lys, à Aire-sur-la-Lys.
Les policers enquêtent près du canal de la lys, à Aire-sur-la-Lys. — DENIS CHARLET / AFP

Les circonstances du drame commencent à s’éclaircir, mais la noirceur des soupçons s’est épaissie. On a appris lundi soir que Yanis, l’enfant de cinq ans, mort dans la nuit de dimanche à lundi à Aire-sur-la-Lys, dans le Nord, avait succombé à un traumatisme crânien.

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Les détails de la punition infligée au garçonnet après un pipi au lit risquent de conduire la mère et son compagnon devant une Cour d’assises.

Les causes de la mort. L’autopsie pratiquée lundi après-midi, selon l’AFP, établit qu’un traumatisme crânien « dû à des violences volontaires » est à l’origine du décès du petit garçon. Le procureur de la République à Saint-Omer précise que le traumatisme fait suite à «plusieurs coups portés sur le crâne».

De ce fait, l’enquête, initialement ouverte sur des soupçons de « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner », porte désormais sur un « homicide volontaire sur mineur ». Ces faits sont passibles de la réclusion criminelle à perpétuité. Le dossier, devenu criminel, a été transmis ce mardi au parquet de Boulogne-sur-Mer.

Ce que déclarent la mère et le beau-père. Dans leurs premières auditions, la mère et son compagnon avaient évoqué une « sanction-punition, consistant à faire courir l’enfant dehors en pleine nuit, parce qu’il avait uriné au lit », explique le procureur de Saint-Omer.

 

Le magistrat précise que Yanis a ainsi dû courir « sur une distance de plusieurs kilomètres le long du canal La Lys (…) vêtu d’une simple culotte humide à l’arrivée des secours ». L’enfant aurait chuté « à deux reprises au moins ».

La responsabilité des deux suspects. D’après une source judiciaire citée par l’AFP, la mère est restée plutôt en retrait lors de ces auditions. Selon les enquêteurs, c’est le beau-père qui a mis en œuvre la punition, en suivant le garçon dans sa course, probablement à vélo. C’est aussi le beau-père qui a prévenu les secours vers 2h30, « signalant que l’enfant [avait] été découvert inconscient ».

Des violences « habituelles ». Les services du procureur de Boulogne-sur-Mer expliquent en outre que « la question de violences habituelles est posée au vu des premières constatations ». De son côté, la gendarmerie évoque « des traces [de coups] », sans les relier aux faits ayant immédiatement précédé la mort.

Une famille inconnue des services sociaux. La mère, âgée de 23 ans, et son compagnon de 30 ans, vivaient en couple depuis août 2015. Tous deux sans emploi, ils n’étaient pas connus des services sociaux de la ville, a indiqué le maire d’Aire-sur-la-Lys, Jean-Claude Dissaux. Le week-end, le couple rejoignait régulièrement le cabanon dans lequel vit le beau-père, dans le secteur où le drame s’est produit.