Pas-de-Calais: Un cargo retenu une semaine après un contresens dans le détroit

MER Un navire grec, battant pavillon du Panama, a été dérouté pour avoir pris le détroit du Pas de Calais à contresens…

Olivier Aballain

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Le Cap Gris Nez, le 7 mars 2012. Le Centre Régional Opérationnel de Sauvetage et de Surveillance (CROSS).
Le Cap Gris Nez, le 7 mars 2012. Le Centre Régional Opérationnel de Sauvetage et de Surveillance (CROSS). — M.LIBERT/20 MINUTES

Pris par la patrouille. On a appris ce mardi qu’un cargo minéralier, transportant du charbon, avait été intercepté le 24 janvier, alors qu’il circulait à contresens dans le détroit du Pas de Calais. Il n’a été autorisé à reprendre la mer que six jours plus tard.

L’Ormi, qui mesure 151 mètres de long, a été repéré suivant une route du nord vers le sud dans la partie « montante » du détroit, normalement dévolue aux circulations dans l’autre sens (axe sud-nord).

Le dispositif de séparation du trafic entre voie « descendante » et voie « montante », mis en place en 1967 dans le Pas de Calais, permet de réguler les circulations de quelque 400 navires par jour dans la zone.

Dix-huit déficiences relevées par un contrôle

La navigation erratique du cargo panaméen était due « à un défaut de surveillance », a indiqué à 20 Minutes la préfecture maritime Manche-Mer du Nord. Le cargo Ormi avait déjà été signalé par les autorités anglaises pour n’avoir pas répondu aux appels des garde-côtes de Dover (Kent).

Dérouté vers Dunkerque, l’Ormi a fait l’objet, dès son arrivée à quai, d’une inspection dépêchée par la préfecture maritime. Et les contrôleurs n’ont pas perdu leur temps, puisqu’ils ont mis en évidence dix-huit points en désaccord avec les normes internationales (Memorandum de Paris) en matière de sécurité, de prévention des pollutions et d’organisation du travail.

Les équipements de séparation des eaux, polluantes ou claires, ont notamment paru défectueux. En outre, selon nos informations le personnel d’équipage ne bénéficiait pas de « conditions d’habitabilité » satisfaisantes, notamment en matière d’hygiène des sanitaires et des provisions alimentaires.

Le navire, construit en Chine en 2006 et qui appartient à l’armateur grec ACA Shipping Corp, a été autorisé à repartir après verbalisation. Selon la préfecture maritime, il fera « certainement l’objet d’un autre contrôle », afin de vérifier que les défauts relevés ont bien été résolus.