Hauts-de-France: Deux Picards kidnappés en novembre en République démocratique du Congo

MONDE Les familles des deux hommes d’origine congolaise n’ont reçu aucune nouvelle depuis deux mois…

M.L. avec AFP

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Des policiers dans les rues de Kinshasa, en RDC.
Des policiers dans les rues de Kinshasa, en RDC. — John Bompengo/AP/SIPA

En novembre dernier, deux Français d’origine congolaise ont disparu en République démocratique du Congo (RDC). Selon un témoin et leur avocat, qui a déposé plainte auprès du parquet d’Amiens, ils ont été victimes d’un enlèvement.

« Leur disparition est très inquiétante, deux mois ça commence à être long. On n’a pas de position officielle des autorités congolaises, c’est peut-être ce qui m’inquiète le plus », a déclaré, jeudi, maître Stéphane Diboundje, avocat de Pablo Diumbu Ndjeka.

Invités par le ministre de l’Intérieur de RDC

Frédéric Boyenga Bofala, 56 ans, président d’un micro-parti politique (Union pour la République - Mouvement national), accompagné de Pablo Diumbu-Ndjeka, 38 ans, dirigeant d’une société de sécurité à Amiens, se sont rendus en RDC sur invitation du ministre de l’Intérieur de l’époque, Évariste Boshab, a expliqué leur avocat.

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« Le but du voyage était de permettre à Frédéric Boyenga Bofala de présenter ses propositions pour l’avenir politique du pays aux différents hommes politiques, dont le chef de l’État Joseph Kabila », détaille maître Diboundje, dans la plainte contre X, déposé le 11 janvier au parquet d’Amiens.

« Détenus dans un endroit tenu secret »

Dans la nuit du 17 au 18 novembre, ils ont été interpellés dans le hall de leur hôtel, à Kinshasa, par des membres de la garde républicaine, selon un témoin qui a raconté les faits à l’AFP et d’après leur famille. « Depuis, ces deux ressortissants français sont introuvables », explique l’avocat, qui précise que les deux hommes « seraient détenus dans un endroit tenu secret ».

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Selon Romain Nadal, un porte-parole du Quai d’Orsay interrogé mercredi, « dès que nous avons été informés de la disparition de nos compatriotes, nous nous sommes mobilisés et avons demandé aux autorités congolaises de pouvoir exercer la protection consulaire telle que prévue par les conventions internationales ».

« Nous poursuivons nos démarches afin de nous assurer de leurs conditions et d’obtenir notamment un droit de visite », a-t-il ajouté.

Marche de soutien à Amiens

Une marche de soutien sera organisée, samedi après-midi, à Amiens, dans le quartier populaire de Saint-Leu, où Pablo Diumbu-Ndjeka était connu, car il officiait comme agent de sécurité pour des établissements de nuit.

Une autre plainte auprès du doyen des juges du tribunal de grande instance d’Amiens, également pour enlèvement et disparition forcée, devrait également être déposée prochainement, selon les deux avocats.