Nord: Une association roubaisienne apprend à surveiller ses oreilles

PREVENTION Pour lutter contre la surdité précoce des jeunes, des ateliers mettent en garde contre l’écoute musicale trop intense…

Gilles Durand

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A Roubaix, le 23 janvier 2017 - Atelier mene par l'ARA au lycee Saint-Martin de Roubaix pour sensibiliser a la sante auditive.
A Roubaix, le 23 janvier 2017 - Atelier mene par l'ARA au lycee Saint-Martin de Roubaix pour sensibiliser a la sante auditive. — Gilles Durand / 20 Minutes

Eviter de se casser les oreilles. La démarche devient urgente auprès des jeunes. Des études montrent qu’ils souffrent de plus en plus de surdité précoce à cause du mode de vie et d’écoute. Pour l’association roubaisienne Autour des rythmes actuels (ARA), la Semaine du son, qui se tient jusqu’au 5 février, est l’occasion de faire connaître ses ateliers de sensibilisation*. 20 Minutes a assisté à l’un d’eux, au lycée Saint-Martin de Roubaix.

« Le son, c’est comme une vague »

« Il n’y a pas de musique plus dangereuse que d’autres. C’est le volume d’écoute qui est important ». Matthieu Gassie est musicien. Depuis quatre ans, il explique comment garder une bonne audition. « C’est la première génération à qui on vient expliquer les bons réflexes à adopter », souligne-t-il. Et pour ça, rien de tel que la métaphore.

« Le son, c’est comme une vague. S’il y a de petites vagues sur la plage, on va se baigner. Dès que les vagues grandissent, on sort vite de l’eau. Avec le son, c’est pareil sauf qu’on ne se rend pas forcément compte du danger », explique Matthieu Gassie à 15 lycéennes de terminale.

Des dégâts irrémédiables

Vidéo à l’appui, il montre les dégâts irrémédiables que provoque un son écouté de façon trop intense car « la nature n’a pas prévu que l’oreille de l’homme serait soumise à d’autres bruits que ceux de la nature ». Et de raconter l’exemple de cette fille de 12 ans déjà en proie à des problèmes d’audition pour avoir écouté trop de musique avec son smartphone. « On préconise 15 minutes par jour à fond et surtout de faire des pauses même en écoute normale », glisse Matthieu Gassie.

« On connaît tous ces dangers, mais qui n’utilise pas d’écouteurs régulièrement ? », avoue Amele, une des élèves. Avec ses camarades, elle se destine dans un métier de service à la personne. « C’est vrai que quand on écoute à fond de la musique en voiture, on pense juste à s’amuser. C’est seulement après, dans des moments comme celui-là, qu’on réfléchit aux conséquences », renchérit Ammia.

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« On espère que tous les gens que nous formons vont devenir des ambassadeurs et transmettre l’information », relance Matthieu Gassie. En attendant, Chaïma semble avoir trouvé une alternative : « Je m’endors avec mes écouteurs, mais pas fort ». Pas sûr que ce soit quand même une bonne idée pour l’ouïe !

* Un atelier gratuit ouvert au public aura lieu, le samedi 4 février, entre 14h et 15h30, à La Canopée, 31, rue Pierre-Legrand, à Lille-Fives. Pour s’inscrire, cliquez ici.