Nord: Pompiers français et belges vont collaborer à la frontière

SECURITE Les pompiers du Nord ont lancé un programme de coopération avec leurs homologues belges pour faciliter les interventions de part et d'autre de la frontière...

Olivier Aballain

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Mouscron (Belgique), le 28 fevrier 2013. Exercice franco-belge de coordination des secours.
Mouscron (Belgique), le 28 fevrier 2013. Exercice franco-belge de coordination des secours. — M.LIBERT/20 MINUTES

Puisque le feu ne connaît pas les frontières, les pompiers s’y adaptent. Les services incendie du Nord (SDIS 59) et de Belgique sont en train de mettre sur pied une coopération transfrontalière inédite au nord de Paris.

Épaulés par des fonds européens, les pompiers français et belges vont mettre en commun leurs pratiques, et se donner les moyens d’intervenir de part et d’autre de la frontière, depuis les Ardennes jusqu’au littoral dunkerquois.

Vers des interventions « au quotidien » ?

« Les premières réflexions en commun ont été menées après l’explosion d’une conduite de gaz en Belgique [la catastrophe de Ghislenghien, en 2004] », raconte le colonel Gilles Grégoire, qui dirige les pompiers du Nord. Un exercice franco-belge d’intervention a déjà été mené en février 2013 à Mouscron (Belgique), autour d’un scenario d’accident de la route impliquant des matières dangeureuses.

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Cette fois les deux pays veulent aller beaucoup plus loin, en rendant possible « au quotidien » les interventions françaises coté belge, et vice-versa. Il s’agit, par exemple, de caler les assurances couvrant les secours à l’étranger.

La discussion est facilitée par la réforme de la Sécurité civile qui est en cours côté belge, et qui décloisonne les services incendie et de secours aux personnes. L’Union européenne apporte, sur quatre ans, la moitié des 2,865 millions d’euros nécessaires au programme de coopération, baptisé « ALARM ».

Coopération transfrontalière opérationnelle sur le Rhin, en Alsace

« Cela ne peut être que bénéfique, commente le colonel Gilles Grégoire. On peut par exemple imaginer le partage de véhicules d’intervention spéciaux », à l’instar du bateau-pompe mis en service en Alsace sur le Rhin, en 2008. Basé à Strasbourg, Europa 1 est cofinancé par le Kreis (canton) allemand de l’Ortenau, et embarque des pompiers des deux pays. Il mène plusieurs dizaines d’interventions par an.

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Au syndicat CGT du SDIS59, Quentin De Veylder se dit favorable au projet « si c’est dans le but d’améliorer le service à la population ». Mais il est vigilant : « Par exemple, installer un camion d’intervention à Mouscron au lieu de Tourcoing, cela représente déjà deux pompiers en moins ».

Le programme « ALARM » prévoit, d’ici 2020, l’élaboration d’un « schéma de couverture des risques » qui fixera le rôle des uns et des autres en cas de besoin.