Calais: «Nous serons vigilants sur les promesses de l'État», assure la maire

POLITIQUE Natacha Bouchart, maire de Calais, compte sur le gouvernement pour continuer à accompagner la ville même si elle ne fait plus les gros titres...

Olivier Aballain

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La maire (LR) de Calais, Natacha Bouchart.
La maire (LR) de Calais, Natacha Bouchart. — M.Libert / 20 Minutes

Natacha Bouchart savoure un peu le calme retrouvé en ville. Mais la maire (LR) de Calais ne baisse pas la garde, trois mois après l’évacuation de milliers de migrants installés dans sa commune.

Avec le démantèlement du campement qui y était installé, la ville de Calais a-t-elle retrouvé sa sérénité ?

On est apaisés, c’est certain. Nous avons vu revenir les touristes anglais pendant les fêtes, ils pourront témoigner de cette sérénité, qui rassure aussi les investisseurs. Mais il y a encore un stress qui n’a pas disparu, un stress de voir resurgir ce phénomène d’immigration non maîtrisée. C’est pourquoi nous restons vigilants sur les promesses formulées par l’État au moment du démantèlement.

Craignez-vous que le gouvernement ne tienne pas certaines promesses ?

Il y avait un engagement de laisser sur place les forces de l’ordre mobilisées avant l’évacuation de la « Jungle » [jusqu’à dix compagnies ont été mobilisées sur place début 2016]. Jusqu’à récemment cet engagement était tenu… L’État doit se donner les moyens de décourager toute réinstallation. Nous ne voulons plus aucun squat, plus aucun campement de migrants sur le territoire.

Le départ des migrants vous permet-il de relancer des projets ?

J’estime que nous avons subi 24 mois de stand-by, du fait de la présence de la « Jungle ». Nous allons maintenant accélérer nos projets de développement, notamment sur la zone logistique [160 hectares, plus d’un millier d’emplois] dont nous avons besoin à côté de Calais Port 2015. Il y a aussi l’Arena sportive, et bien sûr le plan de revitalisation du Calaisis.

Comment l’État vous accompagne-t-il ?

Il faut que l’administration fasse preuve de souplesse. Aujourd’hui, sur les 7 millions d’euros prévus dans le contrat de territoire signé avec l’État, seuls 180.000 euros ont été débloqués. Nous avons un projet d’école des langues, qui pour l’instant ne passe pas, alors que c’est de la formation ! J’ai demandé un rendez-vous avec Bernard Cazeneuve [le Premier ministre]. Maintenant que Calais n’est plus au cœur de l’attention du public, il ne faut pas que le soutien annoncé ne soit que de l’affichage financier.