L'université de Lille-2.
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SOCIETE

Lille : L’université de Lille-2 annonce des sanctions contre les propos sexistes d’un enseignant

Une procédure disciplinaire a été engagée envers un enseignant accusé d’avoir tenu des propos sexistes lors d’un cours…

Le sexisme sévit aussi à l’université. Mardi, un enseignant-chercheur de l’université de Lille-2 est accusé de s’être permis, au début d’un cours en amphithéâtre, de moquer les violences conjugales. Selon le syndicat étudiant Unef, « le professeur aurait déclaré, après avoir tapé sur son micro pour le faire fonctionner : “C’est comme les femmes, il faut taper deux fois pour qu’elles comprennent.”. »

Procédure disciplinaire

Selon un témoignage publié surle blog participatif (tumblr) « Paye ta fac », « les élèves rient, quelques personnes choquées quittent l’amphithéâtre et le professeur ajoute “Voilà les quelques féministes que j’ai énervées, tant qu’il n’y a pas les Femen ici, ça va !” »

>> A lire aussi : Une question jugée sexiste agace des étudiantes en Fac de médecine:

Jeudi, la présidence de l’université de Lille-2 a réagi à l’incident en expliquant, via un communiqué, qu’une enquête était en cours. « L’enseignant concerné sera convoqué, une procédure disciplinaire sera mise en œuvre de nature à entraîner le prononcé d’une sanction nette », souligne l’université, rappelant qu’« elle n’a pas hésité à prononcer des sanctions particulièrement lourdes à l’encontre d’un enseignant-chercheur convaincu de harcèlement sexuel ».

« C’est bien connu, les femmes sont des allumeuses »

Mis en ligne il y a seulement un mois pour dénoncer les propos sexistes dans les universités, le blog « Paye ta fac » regorge déjà de témoignages, dont certains évoquent les universités lilloises. Sur Lille-2, par exemple, on peut lire « C’est bien connu, les femmes sont des allumeuses », de la part d’un prof à propos de la Genèse. A Lille-3, « Estimez-vous heureuse d’être en France, sinon on vous aurait déjà violée, vu votre tenue », propos tenus par un enseignant concernant la condition des femmes dans des pays d’Afrique.

A la faculté de droit de Valenciennes, c’est une enseignante d’histoire du droit qui est visée : « Selon la légende les licornes n’approchaient que les jeunes filles pures. Il est évident que de nos jours les licornes sont mortes de solitude au fond d’une fosse septique. »

Une cellule de veille à Lille-3 et Lille-1

Depuis 2008, l’université de Lille-3, comme son homologue de Lille-1, s’est dotée d’une cellule de veille sur le harcèlement sexuel. « Une soixantaine de signalements ont été enregistrés », souligne Nathalie Coulon, coordonnatrice de cette cellule.

Interrogée par La Voix du Nord, elle précise que « dénoncer un enseignant-chercheur n’est pas une chose aisée ». Néanmoins, après le dépôt de plainte de plusieurs étudiants, l’un d’eux vient d’être jugé. « On lui a retiré le droit d’exercer son activité pour une durée de 18 mois. »